Par Sihem Bounabi
Le Pr Kamel Sanhadji, immunologue et président de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, a annoncé, hier, que le chiffre historique de 2 211 cas de contamination au coronavirus illustre l’accélération ascendante de la courbe de contaminations qui risque de continuer mettant l’Algérie dans une situation épidémique « alarmante » et « inquiétante ».
Le Pr Kamel Sanhadji a également ajouté que les chiffres officiels actuels sont loin de refléter la réalité de la situation épidémique, estimant qu’« en réalité, il faut multiplier ces chiffres au minimum par trois ».
Argumentant que « seules les personnes hospitalisées et diagnostiquées par test PCR sont comptabilisées par le ministère de la Santé. Mais nous avons récemment comptabilisé que les deux-tiers des personnes contaminées ont fait des autotests antigéniques qui ne sont pas comptabilisés officiellement et il faut ajouter également les personnes asymptomatiques ou avec des symptômes modérés et qui ne se font pas du tout tester ».
Intervenant sur les ondes de la Chaîne I de la Radio nationale, le président de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire souligne que la cause la plus importante d’une telle situation épidémiologique alarmante, en plus du relâchement du respect des mesures barrières, c’est surtout « le recul de la campagne de vaccination » à cause de la réticence des Algériens, précisant « que la vaccination massive aurait réussi à juguler la propagation du variant Delta qui, en plus de ces effets ravageurs, risque de donner une mutation plus dangereuse. » En effet, selon le Pr Kamel Sanhadji, ce qui est le plus inquiétant actuellement, c’est la persistance de la présence et de la propagation du variant Delta.
Ainsi la situation est d’autant plus alarmante que l’Algérie affronte une double vague de contaminations, celle du Delta qui est toujours fortement présente et qui continue à faire des ravages et celle d’Omicron, dont la vitesse de propagation fulgurante complique encore plus la situation.
Face à ce sombre tableau de l’évolution de la pandémie en Algérie, l’immunologue tient toutefois à souligne que la contamination à l’Omicron permet de développer des anticorps efficaces contre le Delta et qu’il ne soit pas aussi virulent que le variant Delta avec des symptômes modérés qui ressemblent à ceux de la grippe avec de fortes céphalées et des maux de gorge. Toutefois, il tient à souligner que la majorité des Algériens « grippés » actuellement sont probablement contaminés par le virus de la Covid, et qu’«il est fortement probable que toutes les personnes qui se disent atteintes de la grippe actuellement soient contaminées par le variant Omicron. Il est impératif de se faire diagnostiquer par des tests PCR. »

Accélérer la vaccination à 500 000 personnes par jour
Le Pr Kamel Sanhadji a également appelé à la nécessité d’intensifier les campagnes de vaccination en cours pour inclure le plus grand nombre possible de citoyens et pour renforcer l’immunité collective.

Ainsi, même s’il estime que le variant Omicron est plus gérable d’un point de vue épidémique, la vaccination reste la seule arme pour couper la route au dangereux Delta et la meilleure mesure « anti-confinement ». Il lance un appel à l’accélération de la campagne de vaccination d’autant plus que l’objectif d’atteindre 70 % de la population vaccinés est dépassé et qu’il faudrait atteindre aujourd’hui au moins 90 % pour éviter non seulement la propagation du virus mais également l’apparition de nouveaux variants qui risquent d’être plus dangereux.
Il souligne également que le chiffre de 200 000 personnes vaccinées est aussi dépassé et qu’il faut au minimum vacciner 500 000 personnes par jour pour que la cadence soit accélérée afin de contrer efficacement la vitesse de propagation du virus.
Saluant la fermeture des écoles pour dix jours suite à la forte propagation du coronavirus en milieu scolaire, il ajoute que « nous attendons les analyses de séquençage de l’Institut Pasteur pour dire si c’est le Delta ou l’Omicron qui s’est propagé parmi les enfants ».
Il explique également que le protocole thérapeutique du traitement Covid pour les enfants est similaire à celui des adultes avec des dosages qui doivent être faits par les pédiatres. Concernant la vaccination des enfants contre la Covid, il indique que les discussions du comité scientifique du suivi de la pandémie de la Covid en Algérie s’oriente vers l’instauration de la vaccination des enfants et qu’il s’agit aujourd’hui de trouver le type de vaccin adapté et la tranche d’âge des enfants qui devront être vaccinés.