Fetisi Nadir, un militant de 41 ans, originaire de Béjaïa, a été présenté au cours de la semaine écoulée devant le procureur de la République auprès du Tribunal de Annaba. Il a été placé en détention provisoire en attendant son procès. Il est reproché à ce militant de Béjaïa d’avoir brandi l’étendard de l’identité et de la culture amazighes lors de la manifestation du 20e vendredi de protestation, qui avait coïncidé avec le 57e anniversaire de l’Indépendance. Comble de l’ironie, le militant n’est pas incarcéré au niveau de l’une des deux prisons construites récemment à Bouzaâroura et Laâlalig, mais au niveau de l’ex-prison coloniale.
Vendredi dernier (12 juillet), c’est un autre manifestant, Guerfi Zakaria Monkid, qui a subi le courroux des éléments des Renseignements généraux (RG), accompagnés d’autres policiers en civil, qui l’ont interpellé. Le jeune militant a été enfermé dans un fourgon de police qui était censé le conduire au commissariat central. Mais des milliers de manifestants sont rapidement intervenus pour exiger sa libération, en assiégeant le fourgon en question. «Ya thedouna gâa, ya tkhalouna gâa», criaient-ils. Les policiers avaient beau tenter de convaincre les manifestants que le jeune militant était accusé de vol, mais cette version n’a convaincu personne. Face à la solidarité dont ont fait preuve les Annabis, les policiers n’avaient d’autres choix que de libérer le jeune Zakaria. Celui-ci a, selon son témoignage, été violenté à l’intérieur du fourgon. «J’ai reçu plusieurs coups sur le corps et le visage», criait-il en montrant ses ecchymoses. L’un des policiers aurait même éteint une cigarette sur les lèvres du jeune homme juste avant de le relâcher. Un geste indigne de représentants de forces de l’ordre supposés faire respecter la loi. La DGSN ouvrira-t-elle une enquête sur les dépassements de ses éléments ? <