Écrivain, philosophe et journaliste français, Claude Lanzmann, est mort jeudi dernier à l’âge 92 ans. L’homme restera comme un admirable témoin de l’holocauste et de la Shoah en raison de son immense travail sur la déportation et le massacre des juifs par les nazis.

Il restera aussi comme celui qui deviendra l’un des plus ardents défenseurs de l’Etat d’Israël et du sionisme au point d’avoir déclaré dans ses nombreuses interventions sur le sujet que l’anti-sionisme est de l’anti-sémitisme masqué.
Une position qui lui a valu d’être un grand défenseur de l’armée israélienne et de vives critiques d’intellectuels juifs anti-sionistes, qui lui ont reproché son aveuglement sur la question palestinienne lui qui avait défendu la cause algérienne. Claude Lanzmann figure en effet parmi les signataires du « Manifeste des 121 », nom donné en France à la Déclaration sur le droit à l’insoumission durant la guerre de libération, signée par les intellectuels français les plus en vue de l’époque tels Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Claude Roy, Alain Resnais, Claude Simone, Nathalie Sarraute, Simone Signoret et d’autres.
A la suite de l’annonce de son décès, l’historien Benjamin Stora a réagi sur Franceinfo, en soulignant que «Claude Lanzmann a combattu pour la Vérité, c’est incontestable, mais pas uniquement dans le film Shoah et en mémoire des juifs persécutés. Il y a d’autres combats moins connus, en particulier pendant la guerre d’Algérie ». « Au côté de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir, dans la revue les Temps modernes, ils étaient des partisans fervents de l’indépendance algérienne », a expliqué l’historien. En 1961, il a tenu des propos virulents sur les harkis; les appelant les chiens de l’humaniste Papon ».
Il reviendra sur ses propos cinquante ans plus tard, notamment dans un numéro spécial des Temps Modernes en 2011.