Le président du Conseil de l’Ordre des médecins, Dr Mohamed Bekkat Berkani, a appris qu’il ne faisait plus partie du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus par le biais d’un communiqué du ministère de la Santé, et ce, suite à une réponse qu’il a donnée sur la tenue ou non de la prière des tarawih, durant le prochain ramadan, à un site électronique qui l’a contacté et lui a posé cette question précise.

En réponse, il avait estimé que «la prière des tarawih devrait être de nouveau annulée en Algérie pour la deuxième année consécutive et pour les mêmes raisons que celles de l’année dernière», à savoir la pandémie de Covid-19, surtout avec l’apparition récemment du variant britannique.
Sa réponse, reprise par d’autres sites, a suscité la réaction du ministère de la Santé qui a diffusé un communiqué, dans lequel il a affirmé qu’aucune décision n’a encore été prise à ce sujet et que l’auteur de cette déclaration ne faisait plus partie du Comité scientifique, étant donné que les médias qui ont diffusé cette information ont laissé supposer que c’est une décision dudit Comité, alors que le Dr Bekkat Berkani n’a fait qu’exprimer un avis sur une situation donnée à propos de laquelle il a été sollicité.
«Tout d’abord, je n’ai reçu aucune notification», a-t-il indiqué par rapport au fait qu’il ne fasse plus partie du Comité scientifique. «Deuxièmement, je suis encore étonné qu’il y ait une information publiée par un communiqué émanant du ministère de la Santé, alors que le Comité scientifique dont je fais partie a été nommé sur instruction du président de la République. C’est étonnant qu’un ministre de la Santé puisse déroger à une instruction du président de la République. Troisièmement, moi personnellement, je suis ès qualité dans ce Comité et je représente l’ensemble des médecins. Je considère que c’est un impair qui est infligé à la corporation médicale à travers le fait qu’on m’ait démobilisé et dont les raisons sont probablement à rechercher ailleurs, dans une situation où je me suis permis de donner l’opinion de toute la profession médicale à chaque instant», a-t-il affirmé. Et au Dr Bekkat Berkani de relever que la réponse sur le maintien ou non de la prière des tarawih était une réponse d’un point de vue «scientifique». «On m’a posé une question prospective sur la faisabilité ou non des tarawih et j’y ai répondu», a-t-il dit, relevant qu’il répond à toutes les questions des médias et que «cela ne veut nullement dire que je suis contre la religion».
«Dans cette affaire de lutte contre la pandémie de coronavirus, j’apporte mon expertise gratuitement. Je réponds à tous les médias pour éclairer l’opinion publique», a encore souligné Dr Bekkat Berkani, qui a, depuis le début de la pandémie, donné beaucoup de son temps pour expliquer le danger du coronavirus, sa propagation, etc., comme il s’est exprimé sur de nombreux sujets en donnant un avis sur l’ouverture ou non des frontières du pays, la réouverture de telle ou telle secteur d’activité, etc. Il donne un avis de scientifique sans omettre de préciser, à chaque fois, que la décision relève des autorités du pays.
Il convient de noter qu’aucun avis n’a encore été émis par le Comité scientifique à propos de l’autorisation ou de l’annulation de la prière surérogatoire des tarawih durant le mois de ramadan, selon le communiqué du ministère de la Santé, qui a indiqué que ledit Comité est «consulté sur les aspects liés aux mesures de prévention et de protection contre la propagation de la pandémie et les protocoles sanitaires à mettre en œuvre dans ce cadre».