Dans la nouvelle génération, personne ne fait mieux que lui. L’international algérien Riyad Mahrez a décroché, samedi en finale de la Coupe de la Ligue anglaise à Wembley face à Aston Villa (victoire 2 buts à 1), son 7e trophée en club. C’était le 8e en carrière quand y ajoute la précieuse CAN-2019. Un pedigree époustouflant.

Il y a 6 ans, c’était un inconnu qui jouait au Havre AC (D2 française). En janvier 2014, il a décidé de rejoindre Leicester City en Championship (2e division anglaise) contre un chèque de… 500 000 euros seulement. Une accession et un surprenant titre de Premier League avec les « Foxes » en 2016 plus tard, c’est le géant Manchester City qui l’a acheté, lors de l’été 2018, en déboursant 68 millions d’euros pour en faire sa recrue sa plus chère à l’époque.
Le titre de MVP d’Angleterre (PFA Award), qu’il a décroché la même année avec les « Renards » pour avoir massivement contribué au sacre en championnat avec 17 réalisations et 11 passes décisives qui ont fait de lui le milieu de terrain impliqué dans les cinq grands championnats en Europe, a rehaussé son CV. Le «Fennec» avait quelque chose de spéciale. Sa technique hors normes est venue compenser, largement, son physique frêle. Beaucoup, de prime abord, peuvent penser qu’il n’est pas taillé pour jouer en terre britannique. Mais il a prouvé le contraire.

La CAN, l’autre tournant
En rejoignant les « Skyblues » et le technicien de renom Pep Guardiola, il a franchi un cap : celui d’évoluer dans un top club. Ce transfert fera définitivement de lui la nouvelle vedette de la sélection algérienne. Et ce, malgré une première saison où il a dû batailler pour se faire de la place dans un effectif mancunien des plus pléthoriques. Résultats des courses à l’issue de la première année avec Kevin De Bruyne et compagnie : 44 apparitions avec 12 buts et 12 offrandes toutes compétitions réunies. Au bout, il soulèvera un titre de champion, la Coupe de la Ligue, la Coupe d’Angleterre et le Community Shield qu’il avait décroché dès son arrivée à City. Plutôt pas mal… La suite, c’était l’été dernier puisque la saison s’est poursuivie avec la Coupe d’Afrique des nations 2019 en Egypte. Là-bas, il mènera les «Verts» vers le triomphe en inscrivant un mémorable coup franc dans une demi-finale fermée contre le Nigéria, spécialiste de l’épreuve qui a atteint le carré d’as à 15 reprises en 18 participations. En capitaine qui s’assume, il brandira la 2e Coupe africaine de l’Algérie.

Un C1 et il sera éternel numéro 1
Le statut de Champion d’Afrique lui donnera plus de confiance et de légitimité à l’international. Il termine 7e du classement des meilleurs joueurs au monde «FIFA Awards» et 10e du Ballon d’Or France Football. Il est désormais un nom qui résonne fort dans le football circus planétaire. Surtout, son coach l’utilise plus souvent et il se montre performant. Depuis le début de cet exercice, il compte 35 apparitions avec Man City. Il a trouvé 9 fois le chemin des filets et fait 12 « assists ».
Samedi, turn over oblige, il est resté sur le banc. il aura -néanmoins- glané la première consécration avec le double-champion d’Angleterre sortant qui remporte la «Carabao Cup» pour la 3e année de suite. La victoire en BPL s’étant éloignée avec un Liverpool injouable et qui semble être un champion précoce, il reste la Ligue des Champions qui reste l’objectif suprême. Après s’être imposé
2 buts à 1 à Santiago Bernabéu mercredi dernier en 1/8 de finale «aller» face au géant Real Madrid, le Dz et ses compères ont pris une option pour poursuivre l’aventure. D’autant plus que le club pourrait ne pas prendre part aux deux prochaines éditions sur décision de l’UEFA qui l’a sanctionné pour avoir enfreint les règles du fair-play financier. En tout cas, si jamais il gagne la Coupe aux grandes oreilles, comme l’a fait Rabah Madjer en 1987, il deviendra le meilleur joueur algérien de tous les temps. Et ça sera incontestable.