Gérard Houllier est mort dans la nuit de dimanche à lundi à l’âge de 73 ans. L’ancien sélectionneur de l’équipe de France avait subi une opération de l’aorte il y a quelques jours. Après Michel Hidalgo et Robert Herbin, la France perd un autre grand technicien qui a laissé une empreinte durable sur son temps. Manager à succès de Liverpool, coach du grand OL au début des années 2000, champion de France avec le PSG en 1986, il a traversé les époques en empilant les succès et en rénovant d’immenses institutions.
Ces dernières années, il s’était éloigné du terrain mais conservait une grande influence. Conseiller de Jean-Michel Aulas à l’Olympique Lyonnais, il a joué un rôle majeur, toujours dans l’ombre, dans la construction des clubs de la galaxie Red Bull (Leipzig, New York, Salzbourg) et il partageait avec une grande générosité et une fine expertise sa profonde connaissance du jeu et des joueurs sur notre antenne lors des affiches de la Coupe de France.

Cinq décennies
Il a marqué de sa trace plus de cinq décennies en endossant donc différents costumes… sauf celui de joueur professionnel. Professeur d’anglais, il a débuté sa carrière sur le banc de Noeux-les-Mines en Division 2 dans les années 70 avant d’atterrir à Lens puis au PSG où il a connu son premier succès marquant en décrochant le titre de champion de France.
Adjoint d’Henri Michel puis de Michel Platini en équipe de France, il avait fini par prendre les commandes des Bleus en 1992. Une aventure achevée brutalement par le France-Bulgarie (1-2) et l’élimination de la Coupe du monde 1994. Il avait atteint le sommet de sa carrière d’entraîneur à Liverpool, au début du millénaire, empochant notamment quatre trophées lors de la saison 2000-2001 (FA Cup, Coupe de la Ligue, Supercoupe et Coupe UEFA). Après avoir amené un certain Steven Gerrard au plus haut niveau, il avait quitté en larmes un club qu’il avait considérablement marqué, dans le jour « le plus triste de [s]a vie dans le football ». Gérard Houllier avait rebondi à Lyon, entre 2005 et 2007 pour étendre la domination des Gones et décrocher deux titres de champion de France supplémentaires. Depuis, il avait enfilé plusieurs casquettes d’entraîneur, de conseiller et de DTN, conservant une grande influence à l’échelle européenne et internationale. S’il avait parfois pris du recul, il n’avait jamais pu se détacher totalement du football. n