Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrezak Makri, s’est exprimé par rapport à la déclaration du chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP) sur son initiative de «transition politique consensuelle» sous l’égide de l’institution militaire.

Jeudi, à l’occasion d’une rencontre sur le cheikh Mahfoud Nahnah, que son mouvement a organisée à Bordj El Kiffan, Makri s’est dit satisfait de la déclaration de Gaïd Salah. «Nous sommes très contents que le chef d’état-major affirme que l’institution militaire ne s’ingère pas en politique», a-t-il déclaré en marge de la rencontre. «L’institution militaire intervenait en politique, lors des précédents rendez-vous électoraux et c’est quelque chose que l’ensemble des Algériens sait.
Quand le chef d’état-major fait ce genre de déclaration, cela nous encourage et nous rassure», fait observer Makri, avant de souligner qu’il «faut que le chef d’état-major soit garant de cette non ingérence de l’ANP dans le politique». D’autre part, dans un communiqué rendu public dans l’après-midi de jeudi, Makri est revenu à la charge pour clarifier ses propos compte tenu de la polémique qu’ils ont suscitée : «Au MSP, nous soutenons et appuyons la déclaration du chef de l’ANP et nous la considérons comme étant une démarche civilisationnelle allant dans le sens des intérêts du pays.
Nous souhaitons que ce soit une rupture définitive avec ce qui se faisait jusque-là où l’ingérence de l’APN était évidente et connue de tous et que même certains partis de l’Alliance présidentielle ont eux-mêmes soutenus de manière qui ne souffre aucune ambigüité.» «Nous nous ne nous sentons pas visés ni concernés par les déclarations du chef d’état-major car nous n’avons jamais appelé à l’intervention de l’armée dans le champ politique. J’ai juste abordé la problématique de l’institution militaire, en réponse à une question qui m’a été posée, lors de ma présentation de la transition démocratique consensuelle, et sur le rôle de cette institution militaire dans cette initiative», a-t-il précisé, avant de faire observer que sa «réponse a été de dire que le rôle de l’institution militaire dans la transition consensuelle devrait être de participer à la protection du consensus national dans le cas de sa concrétisation entre les Algériens». Pour Makri, «Gaïd Salah a dénoncé les appels des partis à une ingérence de l’ANP et le MSP n’a jamais fait ce genre d’appels, donc nous ne sommes pas visés par les déclarations du chef d’état-major de l’ANP».
Hier encore, et à l’occasion de l’ouverture des travaux du conseil consultatif (majliss echoura) de son mouvement, M. Makri a encore été sollicité par la presse pour expliquer sa position sur la place de l’ANP dans son initiative de la transition consensuelle : «Nous n’avons pas appelé à l’intervention de l’armée dans les affaires politiques, il suffit de bien réécouter la bande d’enregistrement de ma déclaration pour comprendre ce que j’ai dit exactement… Au MSP, nous avons parlé de la contribution de l’institution militaire à la réussite du consensus dans le cadre de notre initiative pour sortir justement du cadre de l’intervention de l’Armée dans les choix politiques. Il faut que la non-intervention de l’Armée dans les affaires politiques soit effective et concrète dans les faits.». «Nous allons d’ailleurs demander au chef d’état-major de faire en sorte que l’institution militaire n’intervienne plus dans les affaires politiques», a-t-il ajouté, à l’endroit des journalistes.