Le tribunal de Koléa a reporté le procès de Karim Tabou, président du parti non agréé l’Union démocratique et sociale (UDS) au 1er juin prochain. Cette décision du report du procès de Karim Tabou, 46 ans, poursuivi, depuis septembre dernier, pour « atteinte au moral de l’Armée » a été prononcée, sur demande du collectif de défense, selon l’APS.

Il s’agit du 2e report consécutif de ce procès, après l’audience de 6 avril dernier. En plein ramadhan et en plein confinement dû à la pandémie du Covid-19, ce report était attendu. Karim Tabbou, dont l’emprisonnement suscite une vive polémique à cause notamment de son statut d’homme politique, se retrouve coincé dans des procédures judiciaires complexes. Le parquet de Koléa avait transféré l’affaire au juge d’instruction qui a ordonné, le 11 septembre dernier, sa mise en détention provisoire. Le 25 septembre, la chambre d’accusation de la Cour de Tipasa a ordonné sa mise en liberté et son placement sous contrôle judiciaire, après la poursuite en appel de la décision de sa mise en détention provisoire, par la défense. Selon l’un de ses avocats, Me Mustapha Bouchachi, Tabbou, emprisonné pour «atteinte à l’intégrité du territoire national», devait être jugé lundi par le tribunal de Koléa pour «atteinte au moral de l’armée». «Dans cette affaire, Karim Tabbou n’a pas commis de délit puni par la loi algérienne. Il s’est exprimé sur un sujet politique. C’est un droit qui est garanti par la Constitution», a estimé Me Bouchachi. «L’affaire n’aurait pas dû être programmée. Il y a eu un report automatique», a expliqué l’avocat. Certaines sources estiment que le procès a été reporté automatiquement puisqu’il n’est pas sous le coup d’un mandat de dépôt dans le cadre de cette deuxième affaire. Depuis l’annonce du confinement pour cause de pandémie de Covid-19, la justice a annoncé ne traiter que des cas de prisonniers en détention. Placé en détention une première fois après avoir été inculpé «d’atteinte au moral de l’armée» par un tribunal de Tipaza, Karim Tabbou avait été remis en liberté le 25 septembre. Mais il avait été à nouveau arrêté dès le lendemain dans une seconde affaire pour «atteinte à l’intégrité du territoire national». Accusé parallèlement dans plusieurs affaires, Karim Tabbou a été condamné en appel le 24 mars à un an de prison ferme pour «atteinte à l’intégrité du territoire national». Durant son procès à l’issue duquel le procureur avait requis une peine de quatre ans de prison ferme le 4 mars, Karim Tabbou avait rejeté toutes les charges. La défense estimant que «Karim Tabbou est un leader politique qui milite depuis longtemps pour l’instauration de la démocratie dans le pays, il exprimait ses idées politiques pacifiquement et surtout qu’il se bat sans cesse pour «l’unité nationale». «Le condamner pour atteinte à l’unité nationale est totalement surprenant», avait souligné la défense. Par ailleurs, le juge enquêteur près le tribunal de Sidi M’hamed a rejeté hier la demande de remise en liberté provisoire des deux militants Samir Belarbi et Slimane Hamitouche. Slimane Hamitouche et Samir Belarbi ont été arrêtés le 7 mars dernier à Alger. Ils ont été placés sous mandat de dépôt le 10 mars par le tribunal de Sidi M’hamed après trois nuits de garde-à-vue. Les deux militants sont poursuivis pour «incitation à attroupement non armé» et «atteinte à l’unité nationale». n