L’accord de partenariat entre les groupes Sonatrach et Asmidal-Manal, et les groupes chinois dirigés par la Société Citic portant sur la réalisation d’un projet intégré d’exploitation et de transformation du phosphate et du gaz naturel des gisements de la région de Bled El-Hadba a été signé hier à Tébessa, lors d’une cérémonie présidée par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia.

Cet accord est d’une importance capitale pour le développement du secteur des mines, y apportant du savoir-faire et de l’innovation chinoise. Il a été signé par de hauts responsables. L’accord a été en effet paraphé par le P-dg de Sonatrach, Adelmoumene Ould Kaddour, et le P-DG de la société Citic, Chen xiaoijia, à la direction de transfert du gaz dans la localité Oglet Ahmed, à 22 km de Bir El Ater distante de 106 km au sud du chef-lieu de wilaya. Il pourrait représenter le chaînon crucial dans la coopération économique entre l’Algérie et la Chine. Le Premier ministre a d’ailleurs affirmé, à cette occasion, que ce projet constitue un saut qualitatif dans les relations algéro-chinoises, soulignant que ce partenariat dans ce grand et très important projet renforce et consolide les relations bilatérales. La Chine prend ainsi pied dans un secteur vierge ou presque présentant des avantages comparatifs. Dans ce secteur comme dans d’autres, elle ne fait pas la fine bouche, prenant des engagements d’investissements dont elle sait très bien où ils la mènent.
Elle produit un discours clair et du sens économique. La concrétisation du projet intégré de transformation de phosphate reflète la volonté des autorités chinoises à accompagner le développement en Afrique, et en Algérie particulièrement, a, du reste, affirmé le président-directeur général de la société chinoise, Citic, Chen Xiaoijia, à l’occasion de cette cérémonie de signature de l’accord en question. Chen Xiaoijia a assuré que la société qu’il représente et, à travers elle, les fonds chinois engagés dans ce projet, expriment leur volonté à accompagner la partie algérienne dans la concrétisation du complexe de phosphate pour l’intérêt des deux pays. Le P-DG de Cetic qui s’est félicité de la signature de cet accord, couronnant, a-t-il rappelé, des séries de rencontres entre les représentants des deux pays et des deux groupes industriels, a souligné que ce résultat était encourageant et les retombées du projet consolident les relations algéro-chinoises. Ce partenariat est ainsi une bonne affaire pour elle. Mais aussi pour la partie algérienne. Le projet intégré de transformation du phosphate de la région de Bled El Hadba est de nature à relancer l’économie dans toute la région Est du pays, comme l’a expliqué Ahmed Ouyahia de retour sur le terrain après 11 mois. Celui-ci a assuré que la signature de cet accord est un premier pas dans la réalisation du grand projet qui devra relancer l’économie de toute la région Est du pays. Cette signature constitue, a-t-il dit, une étape dans la concrétisation de ce projet qui engage 4 wilayas de l’est du pays : Tebessa, Souk Ahras, Skikda et Annaba. Détaillant les chantiers de ce projet entre aménagements, amenée d’eau industrielle, dédoublement et électrification de la voie ferrée, le Premier ministre a souligné qu’avec l’entrée en service de ce mégaprojet, la production de l’Algérie en phosphate, qui avoisine actuellement un million de tonnes par an, passera à dix millions de tonnes par an. L’Algérie est le troisième pays à l’échelle mondiale en matière de réserves de phosphate, a encore souligné Ouyahia, assurant que tous les moyens seront mobilisés pour la réalisation du projet de transformation du phosphate. Ce projet intégré dont la partie algérienne détient 51%, contre 49% pour la partie chinoise, nécessite un volume d’investissement de six milliards de dollars. Le complexe de phosphate en projet donc et dont la mise en exploitation est prévue en 2022, créera 3 000 postes de travail directs alors que ses chantiers de réalisation à travers les quatre wilayas assureront 14 000 postes d’emploi. Il va générer des revenus en devises à hauteur de 1,9 milliard de dollars par an.