Le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) a décidé, après deux mois de gel de la plus longue grève de l’histoire du pays, d’organiser un regroupement, demain, devant le siège du ministère de la Santé. Il entend ainsi dénoncer le mutisme et les promesses non tenues des deux ministères de tutelle – enseignement supérieur et santé – et compte surtout demander la réouverture du dialogue.

«Vu le chaos dans lequel sombraient nos hôpitaux, un gel a été annoncé par le Camra après les déclarations officielles du ministre de la Santé promettant des négociations sereines avec des solutions concrètes et satisfaisantes une fois l’activité hospitalière reprise. Des déclarations confortées par celles du ministre de l’Enseignement supérieur à la veille des épreuves du DEMS. Nous avons été ébranlés par le silence et le mépris par lesquels a été accueillie notre initiative», écrit le collectif dans un communiqué qu’il a rendu public hier. Lors de discussions, si elles ont lieu, il s’agira, selon le Camra, de réclamer également le remboursement «des ponctions et des salaires gelés anarchiquement au cours de la grève». «Nous demandons la poursuite des négociations concernant les autres points soulevés par les médecins résidents. Le Camra réitère son engagement et son ouverture au dialogue serein et responsable», a-t-il fait savoir également. Enfin, le Camra dénonce et déplore la situation sanitaire du pays, allusion à la multiplication des cas de choléra. «Après plus de
8 mois de lutte continue afin de faire aboutir des revendications légitimes tendant à améliorer le système de santé algérien et la situation sanitaire du pays, on déplore amèrement l’apparition de la rougeole et du choléra dans le pays […] des maladies dont la prévention est l’une des missions phares d’un système de santé». Enfin, si le ministère de la Santé ne reçoit pas les délégués du Camra, ces derniers comptent reprendre la protestation.