Après le doute induit par la déclaration d’Ali Laskri, opposé à la tenue d’un congrès extraordinaire, c’est finalement cette option qui fait son chemin avec l’installation de la commission nationale de préparation de ce rendez-vous organique au bout duquel est attendu un retour à la cohésion et à la sérénité au sein du Front des forces socialistes (FFS). Cette étape n’a été rendue possible que suite à la démission actée de trois membres de l’Instance présidentielle, à savoir Mohand Amokrane Cherifi, Brahim Meziani et Sofiane Chioukh. La démission de ce trio mène ainsi inéluctablement à un congrès extraordinaire et ce conformément à l’article 48 des statuts du FFS. Une fois cette étape dépassée, il a été procédé à l’installation de la Commission de préparation du congrès national (CPCN) dont la coprésidence a été confiée à Mohand Amokrane Cherifi et Mohamed Nebbou. Ladite commission a fixé ensuite la date de ce congrès qui aura lieu les 10 et 11 avril alors que le premier secrétaire, Hakim Belahcel, a été chargé de gérer les affaires courantes du parti jusqu’au prochain Congrès national extraordinaire. Cette évolution met ainsi le plus vieux parti de l’opposition sur la voie de sa réconciliation interne si l’on se fie aux tiraillements et aux dissensions organiques qui ont marqué son fonctionnement depuis au moins le dernier congrès – extraordinaire aussi- tenu le 20 avril 2018 et qui a accouché d’une instance présidentielle partie en lambeaux quelques mois plus tard. Une déchirure qui a donné lieu à un parti à deux directions et deux premiers secrétaires.
« Sauvons notre parti ! »
Dans un message adressé aux militants du parti, les coprésidents de la commission chargée de la préparation du congrès, Mohand Amokrane Cherifi et Mohamed Nebbou, n’ont pas lésiné sur les mots en avançant l’impératif d’un travail collectif.
Intitulée « sauvons notre parti », la déclaration du duo a souligné d’emblée que le sauvetage du parti est « l’œuvre immédiate » qui s’impose aux militants afin de « reconstruire l’unité du parti pour assurer sa pérennité, poursuivre le combat de son père fondateur pour libérer l’Algérie de la dictature et faire face aux défis et enjeux qui se profilent à l’horizon au niveau national et international ».
Se référant au combat de Aït Ahmed et ce qui a fait la force du parti sous son règne, Cherifi et Nebbou ont fait le procès de la gestion organique du parti depuis le dernier congrès extraordinaire de 2018. « Depuis le dernier congrès extraordinaire, l’unité du parti, qui avait fait sa force et lui a permis de surmonter toutes les épreuves depuis sa création, a volé en éclats, ses structures fragilisées, sa base militante désorientée et sa ligne politique malmenée », écrivent les deux responsables du FFS.
Curieux que ce constat, au demeurant connu de tous les observateurs de la scène politique, soit établi par un des membres de l’Instance présidentielle du parti élu à l’occasion du dernier congrès extraordinaire du parti. « C’est dans ce contexte qu’un Congrès national extraordinaire est convoqué conformément à l’article 48 des statuts du parti pour élire une nouvelle instance présidentielle consensuelle à même d’organiser le 6e Congrès ordinaire et unitaire avant la fin de l’année », ajoutent Cherifi et Nebbou, appelant les militants à « resserrer les rangs et à se mobiliser autour de la CPCN ».
Quelle riposte
de Laskri ?
Cette perspective d’un congrès extraordinaire fera sans doute un mécontent, Ali Laskri, en l’occurrence, membre lui aussi de l’instance présidentielle, plutôt favorable à un congrès ordinaire. Quelle sera sa riposte, lui qui est monté au créneau il y a deux semaines pour fustiger « un coup de force statutaire » ouvrant la voie à un congrès extraordinaire ?
« Le comité ad hoc n’ayant pas abouti dans la mission qui lui est dévolue, la note du 11 août 2019 est de fait annulée, et la proposition de convoquer la CPCN, réduite à 18 au lieu de 27 membres avec la présence de parlementaires exclus du parti depuis une année, en évitant la convocation d’une réunion de la direction nationale pour évaluer la mission de la commission, démontre la fuite en avant et le coup de force antistatutaire », avait-il souligné.
Estimant qu’il n’y a point de solution en dehors de la convocation d’un congrès ordinaire, Laskri a appelé les militants du FFS à se rassembler pour un congrès national ordinaire rassembleur, à unir leurs énergies et à rester vigilants face aux tentatives de coups de force qui visent à réduire le parti à un appareil éloigné du peuple et à l’inscrire dans l’agenda du régime ».<