Le plus grand, ni plus, ni moins. Après des mois voire des années d’attente, Stephen Curry est enfin parvenu à déloger Ray Allen du record all-time de paniers à trois points marqués en saison régulière, avec ses 2 977 tirs primés en 789 sorties, série en cours. Une performance majuscule qui a évidemment fait beaucoup réagir en NBA, et surtout le principal intéressé.
«I got that baby !». Assis dans les vestiaires du Madison Square Garden ce mardi soir, Stephen Curry peut enfin souffler et relâcher toute la pression. Comme un sentiment de libération. Car depuis quelques jours, le quotidien des Golden State Warriors est rythmé par une question : quand le génial meneur dépassera-t-il Ray Allen au classement des tirs à trois points inscrits en saison régulière ?
C’est chose faite depuis hier. Pour le plus grand bonheur du principal intéressé. «C’est quelque chose dont j’ai rêvé», a réagi Curry en conférence de presse, après la rencontre. «Je ne sais pas quand j’ai rêvé de ça pour la première fois, mais j’adore shooter. C’est quelque chose que je fais depuis que j’ai trois ans.»
Oui, «Steph» est bien le plus grand. Un costume qu’il peut enfin assumer complètement comme il l’a affirmé après le match remporté par ses Warriors contre les Knicks (105-96). «Tout le monde a cette discussion concernant le meilleur shooteur de l’histoire.(…) Je n’ai jamais voulu me qualifier comme étant le meilleur shooteur de l’histoire avant d’avoir ce record. Je suis à l’aise pour le dire maintenant.»

LES MODÈLES ALLEN/MILLER
Présents au Garden hier, Ray Allen et Reggie Miller étaient aux premières loges pour voir le «Baby Face Assassin» marquer un peu plus le jeu de sa patte. Deux icônes de la ligue à qui Stephen Curry n’a pas manqué de rendre hommage. «C’était un moment unique que j’ai apprécié et dont je me souviendrai pour le reste de ma vie, vu ce que cela signifie pour moi de dépasser Ray. Lui et Reggie, des gars que j’ai admirés quand j’ai commencé à jouer. C’est vraiment spécial. J’ai du respect pour Reggie et Ray, des joueurs qui ont créé un standard sur ce qu’est un shooteur d’élite.»
Surtout, Stephen Curry n’a pas manqué de saluer tous les coéquipiers qui l’ont accompagné jusqu’à ce jour historique. «Je n’ai pas grand-chose à dire si ce n’est que j’apprécie tous ceux qui ont contribué à faire de moi ce que je suis, à la fois sur le terrain et en dehors. C’est une étape importante dans ma carrière grâce à vous tous, tous ceux qui ont fait des écrans pour moi, tous ceux qui m’ont passé le ballon, tous ceux qui ont cru en notre attaque et qui ont cru en la victoire et au processus, donc c’est vraiment spécial.»
Le soulagement, c’est donc ce sentiment qui prédominait chez le joueur au moment d’évoquer cette soirée. «Beaucoup de tirs à trois points, de matchs, beaucoup de victoires également, nous attendent, et il nous reste tant à faire, mais j’apprécie que vous rendiez ce moment spécial parce que ça a été une longue semaine pour franchir cette étape.»
Stephen Curry a également tenu à rendre hommage à son acolyte de toujours chez les Warriors, Klay Thompson, actuellement en pleine phase de reprise. «Son maillot était à côté du mien dans le vestiaire. Ça va être bien de revenir et de célébrer tout ça avec lui. Et son retour, bien évidemment.»
L
A MECQUE DU BASKET EN TÉMOIN PRIVILÉGIÉ
Les 100 points de Wilt Chamberlain sur un match, les huits points de Reggie Miller en neuf secondes ou encore le premier gros «coup de chaud» de ce même Stephen Curry aux yeux de tous le 27 février 2013 avec 54 points dont 11 derrière l’arc : le Madison Square Garden était l’endroit rêvé pour dépasser une marque aussi symbolique. Et le Chef le leur a bien rendu hier soir.
«Je ne peux pas décrire à quel point la réaction du public, alors que nous sommes à l’extérieur, a été grandiose», a lancé le meneur californien après la rencontre. «Il y a eu la préparation pour atteindre ce chiffre, dans une ambiance unique. Je savais que le Garden serait à la hauteur de sa réputation.» Celui que les Knicks rêvaient d’obtenir à la huitième position de la draft 2009 a d’ailleurs reçu un vibrant hommage de l’enceinte new yorkaise une fois le record (enfin) tombé. En panne de belles émotions cette saison, et ce après le bel exercice 2020-2021 de ses Knicks, la Mecque du basket n’a donc pas failli pour saluer l’icône. «Je ne le dirai jamais assez, mais j’apprécie tellement la façon avec laquelle les fans ont vécu ce moment avec moi et m’ont laissé le vivre. Je pouvais le sentir. Une fois que j’ai tiré sur le côté, je me suis senti bien, j’avais l’air bien, j’avais l’impression d’être à domicile».

SALUÉ DE TOUTES PARTS
Ils ont été nombreux à saluer la performance du Chef. A commencer par Steve Kerr, l’entraîneur du joueur depuis 2014. «Dans le vestiaire, c’était le Steph d’autrefois… Joyeux et reconnaissant», a témoigné le technicien des Warriors. «Il a expliqué à l’équipe ce que ça représente pour lui, à quel point le basket compte pour lui, le processus pour y arriver. Il reste le même, et c’est la beauté de Steph. Il est si authentique, si authentique… J’ai trouvé que la soirée avait été parfaite, et ça résume ce qu’il est. Sa réaction était parfaite.»
Même son de cloche chez Draymond Green, coéquipier historique du meneur. «Steph est le meilleur shooteur de l’histoire, et on a la chance de travailler avec lui tous les jours. C’est une chose très particulière.» LeBron James, Trae Young, Shaquille O’Neal ou encore le cadet de la fratrie Curry, Seth, les hommages ont été nombreux pour saluer la performance du «serial shooter». Et ils ont été nombreux à évoquer la «révolution Curry». Ancien coéquipier du meneur, Kevin Durant y est également allé de son petit hommage, allant jusqu’à le qualifier de «dieu Steph Curry».
Ce dernier a d’ailleurs mis en garde ses poursuivants, emmenés par James Harden et ses 2509 unités. «Je peux être fier de ma longévité qui me permet d’atteindre ce nombre que Ray a fixé et, et je l’espère, de le repousser à un nombre que personne ne peut atteindre. Nous verrons ce qui se passera.» Oui, le Chef a encore faim.