Ce plan issu du travail d’une commission nationale, composée de huit sous-commissions et où sont représentés les associations de consommateurs et les différents départements ministériels, sera soumis prochainement au gouvernement pour être adopté et appliqué en 2021.
Contacté par Reporters sur la hausse des prix et l’évolution du pouvoir d’achat des ménages, Mustapha Zebdi, président de l’Association de protection des consommateurs et de l’environnement (Apoce), rapporte qu’une commission nationale composée de huit sous-commissions où sont représentés les ministères concernés et des associations de protection des consommateurs, a planché sur le dossier du commerce intérieur et extérieur en passant en revue tous les problèmes qui empêchent une meilleure régulation et maîtrise du marché. Elle a surtout retenu les mesures «adéquates» pour assurer notamment une «meilleure fluidité des marchandises», la «transparence» et la «traçabilité» des biens et en finir avec les dysfonctionnements qui influent sur la stabilité des prix des produits de large consommation et avec les tendances spéculatives. Cette commission nationale a traité notamment les problèmes d’organisation des marchés de gros, notamment des fruits et légumes et de la viande rouge, dont les insuffisances et les entorses à la réglementation en vigueur sont en partie responsables des hausses périodiques de produits très prisés par les citoyens. Le président de l’Apoce n’adopte pas pour autant un ton optimiste. «Il y a une volonté politique pour régler ces problèmes, mais il faut vérifier sur le terrain si cette feuille de route sera appliquée. Il y a des résistances au changement. Il faut également un changement de mentalité pour espérer voir un marché national bien régulé et bien maîtrisé». Sur l’évolution des prix en 2020, Mustapha Zebdi estime que les hausses de certains prix agro-alimentaires ont augmenté de 5 à 10%. Mais sur un cumul de trois à cinq ans, elles représentent des hausses énormes.
«La dévaluation du dinar par rapport au dollar américain a été de 27% entre 2015 et 2020, ce qui a influé négativement sur les prix des matières premières importées et donc des prix des produits, notamment agro-alimentaires transformés. La perte de pouvoir d’achat a été importante entre 2015 et 2020», a-t-il ajouté.

Hausse de 100 % pour certains produits électroménagers, 25 à 30% sur des produits informatiques
Parmi les produits qui ont connu une augmentation en 2020, le M. Zebdi a cité les pâtes qui ont connu des hausses importantes. Il a cité également les légumes secs à la venue de la saison hivernale. La viande rouge a connu une hausse comprise entre 5 et 10%. Il a pointé du doigt les augmentations énormes des produits électroménagers-électroniques et informatiques en 2020. Nous avons, en effet, constaté que sur certains produits électroménagers, la hausse est de 100 %, sur les produits informatiques, elle peut atteindre les 25 à 30%. Par exemple, un laptop qui se vendait à 45 000 dinars est cédé à 55 000 dinars. Ces hausses pour les produits informatiques sont très récentes. Une note néanmoins positive en période Covid, le président de l’Apoce a signalé que les légumes ont connu une stabilité des prix en 2020. Il a relevé cependant que la hausse des prix de produits de large consommation durant cette période n’est pas proportionnelle au niveau de la dévaluation du dinar et aux taxes imposées par l’Etat. Le premier responsable de l’Apoce laisse entendre que des acteurs du marché ont profité de cette situation pour s’enrichir sur le dos des consommateurs.
Cela dit, sur les perspectives 2021, la dégradation de la situation financière en 2020 exercera, selon plusieurs spécialistes de l’économie nationale, des pressions sur les prix et le pouvoir d’achat du citoyen à partir de janvier prochain. Le nouvel exercice sera marqué par une montée de l’inflation, soutiennent ces experts. En effet, la loi de finances 2021 dans la même veine prévoit dans ses projections un taux d’inflation en 2021 d’environ 5%, soit un niveau de hausse des prix important. Cette inflation significative sera favorisée par la dévaluation du dinar. Le même texte programme, en effet, un glissement du dinar par rapport au dollar américain entre 2021 et 2023 qui, certes, n’est pas très important annuellement, mais sur le cumul de trois ans s’avère très préjudiciable au pouvoir d’achat des Algériens. Cependant, le maintien des subventions va atténuer cet impact sur le pouvoir d’achat des citoyens, mais pas de manière décisive. Le gel de la hausse des salaires de la Fonction publique depuis plusieurs années, imitée par le secteur économique privé, n’arrange pas les choses. Il faut s’attendre également en 2021 à ce que les véhicules neufs importés ou montés localement soient plus chers, en raison des taxes pour les premiers et leur rareté pour les seconds.