Khalifa Haftar, chef de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL), s’est retiré provisoirement de ses fonctions militaires mercredi 22 septembre avant une candidature attendue à la présidentielle prévue le 24 décembre. Homme fort de l’est libyen, le maréchal, 77 ans, a annoncé dans un communiqué la nomination « d’un remplaçant provisoire à la tête de l’ANL » jusqu’au 24 décembre, date des élections législatives et présidentielle. Son remplaçant de Haftar, le général Abdelrazzak al-Nadhouri « occupera les fonctions de commandant général (de l’ANL) pour une période de trois mois, du 23/09/2021 jusqu’au 24/12/2021 », selon le communiqué.
« Haftar a nommé son chef d’état-major Nadhouri au poste de commandant général de l’ANL et prend congé jusqu’au 24 décembre dans ce qui semble être l’annonce informelle de son intention de se présenter à la présidentielle », a résumé sur Twitter Emadeddin Badi, expert à la Global Initiative basée à Genève cité par l’AFP. Le militaire septuagénaire, accusé par ses détracteurs de vouloir instaurer une dictature militaire, confirme ainsi sa volonté de conquérir le pouvoir par les urnes après l’échec retentissant de son aventure militaire aux portes de Tripoli, siège de l’ex-gouvernement d’union, en 2019. Les combats ont cessé en 2020 et un cessez-le-feu entre rivaux a été signé en octobre de la même année. Khalifa Haftar s’est fait discret à mesure que la voie politique prenait le dessus sur l’option militaire. Mais il s’est peu à peu repositionné sur l’échiquier du pouvoir, en jouant cette fois la carte politique, avec en ligne de mire la présidentielle.