Le président du Mouvement El Bina, Abdelkader Bengrina, s’est exprimé hier dans un point de presse, qu’il a organisé en marge d’une session extraordinaire du majliss echoura (conseil consultatif national) de sa formation politique. Deux messages importants ont été lancés à cette occasion par celui qui est arrivé deuxième à l’élection présidentielle du 12 décembre dernier avec un suffrage officiel de plus d’un million de voix exprimées.

Le premier est que M. Bengrina, qui est apparu comme la grande figure symbolique du parti, a insisté sur sa volonté de quitter la direction d’El Bina et de laisser la place à d’autres. Son argument est son «échec» à ne pas avoir pu gagner la présidence de la République, son objectif premier, a-t-il fait savoir hier lors de son échange avec les médias.
Dès son discours d’ouverture de la session extraordinaire, l’ancien candidat à la présidentielle a demandé qu’il soit déchargé de ses responsabilités de chef du mouvement d’El Bina. A la question si sa nouvelle demande de céder la place à un nouveau dirigeant du parti n’était pas un calcul pour «avoir un poste au prochain gouvernement», il répondra par la négative.
«Je le dis et le répète encore une fois, cette demande émane du fait que j’ai échoué dans mon projet et mon objectif de briguer la magistrature suprême. Cela n’a aucun lien avec tel ou tel poste», a-t-il insisté, mais non sans renoncer à l’ambition de voir sa formation participer à la constitution de la prochaine équipe exécutive.
«Je n’ai aucune envie d’occuper un poste de gouvernement, si cela
adviendrait, ce ne serait pas en contradiction ni en opposition avec ma volonté de quitter la présidence du parti», a-t-il encore déclaré, en insistant sur le fait, selon lui, que sa «candidature à la dernière présidentielle s’est faite à la suite de la décision du parti lui-même».
L’essentiel est qu’il insistera sur le fait que le prochain gouvernement «doit être représentatif et refléter la volonté populaire» qui s’est exprimée le 12 décembre et «être capable de faire face à tous les déséquilibres qui risquent de surgir». «Ce gouvernement doit être capable de sortir le pays de la crise actuelle et ne peut pas être une copie du passé et contenir des personnes qui ont été rejetées par le mouvement populaire pacifique». Le prochain gouvernement «doit émaner des résultats des dernières présidentielles du 12 décembre», a souligné Abdelkader Bengrina, laissant croire qu’il veut une place ou une part importante pour son parti au sein de ce futur exécutif. «Si on voudrait chercher un repère pour déterminer les forces politiques du pays, la balance serait les élections du 12 décembre, les véritables partis politiques sont maintenant connus». Abdelkader Bengrina n’a pas nié également des «contacts» avec le nouveau Président élu et son entourage, y compris pour cette question de la formation du nouveau gouvernement,
«nous avons été sollicités pour donner notre avis», a-t-il déclaré dans ce sillage, avant d’ajouter que toute décision de participation à l’exécutif doit émaner exclusivement du conseil consultatif.