Là, on parle de performance et de constance. Et Kamel Kardjena (39 ans) fait fort dans ces deux domaines. Hier, l’enfant d’Oran et de l’Algérie a remporté l’argent du lancer du poids F33* aux Jeux paralympiques de Tokyo 2020. Cette distinction vient s’ajouter aux 4 autres remportées lors des trois précédentes éditions de Paralympiades (Pékin 2008, Londres 2012 et Rio 2016).

Par Mohamed Touileb
Il faisait partie des athlètes attendus. Et il n’a pas déçu. Kardjena a sorti le grand jeu pour signer le 5e podium paralympique de sa carrière. Un lancer à 11,34 m qui correspond à son meilleur de la saison pour confirmer son statut de vice-champion décroché il y a 5 ans à Rio de Janeiro au Brésil. Et encore, il ne lui manquait que quatre petits centimètres pour prendre le vermeil que s’est adjugé le Zakaria Derhem (Maroc) avec un poids qui a atterri à 11,37 m. Pour sa part, Cernie (Croatie) a réalisé la 3e meilleure tentative du concours avec ses 11,25 m pour rafler le bronze. C’est donc probablement sans regrets pour l’athlète Dz qui savait, à l’annonce du classement final, qu’il s’en était très bien sorti avec la 2e place signant sa présence dans un «Top 3» paralympique pour la 4e séquence de suite.

De la trempe du regretté Mohamed Allek
En effet, l’Oranais est double-médaillé des JP 2012 de Londres -or, au lancer du poids, et bronze, au lancer du disque. En outre, il a décroché l’or paralympique, dans cette même spécialité, à Pékin en 2008. On parle donc d’un athlète ultra-constant et performant malgré le poids de l’âge et le manque de moyens.
Cette nouvelle distinction aura certainement une saveur particulière pour Kardjena, quand on pense au contexte et à la préparation perturbée par la pandémie du Coronavirus. Elle lui permet aussi de devenir le premier sportif algérien à être sacré lors de trois Paralympiades d’affilée. Avant lui, le légendaire et regretté Mohamed Allek avait été décoré, lors de trois JP de rang, Atlanta 1996, Sydney 2000 et Athènes 2004.
Le coureur avait trusté 6 médailles (5 or et 1 bronze). Il avait notamment régné sur le sprint (100 m et 200 m T36/T37*) en se voyant sacré sur les deux distances à Atlanta et Sydney. Sur les terres de cette dernière, il avait aussi remporté le métal suprême du 400 m T37 avant de clôturer sa riche carrière à Athènes, à 30 ans, avec le bronze sur 200 m T37.
Abdelkrim Krai n’oubliera pas ses premières joutes
Pour rebondir sur le para-athlétisme sur piste, on notera qu’Abdelkrim Krai (24 ans), qui enregistrait sa première participation à ce rendez-vous planétaire, a remporté l’argent du 1 500 m T38 avec un chrono de 4:03.07. Le demi-fondiste a terminé derrière le Canadien Riech, auteur d’un nouveau record paralympique (3:58.92). C’est l’Australien Kenzie (4:03.76) qui ferme le «Top 3» de la distance. In fine, notons que grâce à ces deux nouvelles médailles d’argent, notre valeureuse délégation porte son total à 12 breloques avec 4 de chaque métal. Une moisson qui lui permet d’occuper la 28e place au classement des récompenses. Grâce à une médaille en argent de plus, la Tunisie (27e), avec 4 or, 5 argent et 2 bronze, domine le classement africain devant l’Algérie. <

F33: catégorie dédiée aux athlètes souffrant d’une atteinte sévère des membres supérieurs et du tronc et d’un handicap majeur des membres inférieurs. La performance est liée à la capacité à accélérer l’engin sur un geste court et à le lâcher avec un angle optimum par rapport au sol. T37/T38 : catégorie dédiée aux athlètes qui présentent un déséquilibre dû à l’atteinte d’un côté du corps qui rend les départs plus difficiles en course et à l’impulsion pour les sauts.