Mouad Bouchareb a été poussé à la démission de son poste du président de l’Assemblée populaire nationale. Le bras de fer qu’il a lancé contre ses détracteurs a duré quatre longs mois. Mais il a finalement jeté l’éponge et vécu le remake du mauvais film auquel il a contribué lorsqu’il avait, lui et ses acolytes du FLN, décidé d’avoir la tête de l’ex-président de l’APN. Saïd Bouhadja, FLN lui aussi, qui n’était plus dans les petites notes du pouvoir de l’époque, Bouteflika et ses partisans rêvaient encore d’un
5e mandat et tout ce qui bougeait contre cette logique devait être neutralisé. Le temps est passé et certains événements pourtant si récents paraissent aujourd’hui tellement loin. L’histoire a roulé et son compresseur a emporté le fringant, mais coléreux Mouad Bouchareb sorti par la petite porte de la Chambre basse du Parlement. Qu’en restera-t-il ? Un brushing impeccable, une gueule d’acteurs de série télé, une filiation parentale caractéristique du système, un ascenseur politique qui s’est présenté trop vite pour ne pas caler en cours de route, sinon peu de choses que retiendra l’histoire politique algérienne. Quand on se rappellera de
M. Bouchareb, on le fera sous la forme de la chronique d’un
ex-président de l’APN qui a mené la fronde contre Saïd Bouhadja, provoquant ainsi un blocage de l’institution législative qui a duré plusieurs semaines. A son souvenir, on évoquera ces groupes parlementaires de la majorité, autrefois acquis au président déchu, qui savent joindre la forme au contenu de ce qu’ils sont politiques : des braillards capables du coup de main au sens propre du terme et se sont allés jusqu’à fermer l’entrée principale de l’APN à l’aide de cadenas et des chaînes métalliques pour chasser le vieux Bouhadja et le remplacer par celui qui vient de s’en aller lui aussi.
Au FLN, sa maison disait-il, son avenir immédiat n’est pas non plus garanti. Il est devenu «encombrant» pour le nouveau secrétaire général du parti, Mohamed Djemaï qui n’a jamais raté l’occasion de le brocarder, allant jusqu’à l’accuser de «complot» contre le «front» pour «sauvegarder ses intérêts personnels ». La guerre entre les deux hommes a provoqué une scission entre les élus de ce parti. Plusieurs d’entre eux ont tourné le dos à la direction du FLN pour soutenir Bouchareb. Ils finiront par rentrer dans les rangs des plus forts qu’eux : ceux qui ont mobilisé les membres du bureau de l’Assemblée et donné le coup de grâce en boycottant la clôture de la session parlementaire et faire jeter le tablier à Bouchareb. Comment a-t-il compris sa fin ? Tradition oblige, quand on lui a retiré sa garde rapprochée ! Le même procédé a été utilisé contre Bouhadja qui doit bien siroter son thé en souriant à l’idée d’avoir eu sa petite revanche face à quelqu’un dont le moment de gloire a été bref comme une blague. L’arroseur arrosé, quoi.