Après avoir perdu la finale de la CAN 2002 comme capitaine des Lions, et celle de 2019 comme sélectionneur, Aliou Cissé a encore l’occasion de remporter enfin la Coupe d’Afrique des nations, ce dimanche 6 février face à l’Égypte. Histoire d’entrer définitivement dans la légende du foot sénégalais. Est-ce un rendez-vous inévitable avec son destin ou tout simplement la quête inextinguible d’un homme ? L’histoire entre Aliou Cissé et le trophée de la CAN s’écrit depuis 20 ans et pourrait trouver son épilogue ce soir lors de la finale de CAN 2021 entre le Sénégal et l’Égypte. Une victoire des Lions consacrera un homme qui a fait de la Coupe d’Afrique l’objectif d’une vie. « Je suis têtu », aime dire Aliou Cissé. L’entraîneur est à l’image du joueur qu’il fut : celui qui « ne lâchait rien ». Il faut avoir du talent, surement, mais aussi beaucoup de détermination pour décrocher autant de rendez-vous avec la gloire, en manquer deux, et revenir une troisième fois pour tenter enfin de l’honorer. Aliou, le joueur, capitaine des Lions de 2002, fut le dernier tireur, malheureux, d’une série de tirs au but qui vu la défaite du Sénégal en finale de CAN 2002 face au Cameroun (0-0 AP, 3-2 TAB). Cissé, l’entraîneur, fut le sélectionneur d’une équipe du Sénégal, battue pour sa deuxième finale de CAN face à l’Algérie au Caire (1-0) en 2019. Il y aura dans le Aliou Cissé de ce soir tout du joueur et de l’entraîneur. Des souvenirs qui galvanisent et une expérience qui pourrait être salutaire.

Mané : « C’est l’entraîneur le plus critiqué que j’ai jamais vu »
Depuis près de sept ans, l’ancien joueur du PSG construit son équipe, modèle son groupe et avance face aux critiques, parfois justifiées, souvent sévères. Qu’importe, il a appris à avancer et aujourd’hui, il est sur le point d’aboutir dans sa quête de soulever le trophée le plus convoité d’Afrique. « Je crois que cet homme le mérite parce qu’il est l’entraîneur le plus critiqué que j’ai jamais vu de ma vie, mais il n’abandonne jamais, a confié Sadio Mané en zone mixte après la demi-finale gagnée face au Burkina Faso (3-1). Nous aimerions gagner pour notre pays et pour lui, car il le mérite après tout ce qu’il a traversé en tant que joueur et maintenant en tant qu’entraîneur. »
À 45 ans, Aliou Cissé est le deuxième entraîneur de l’histoire du foot sénégalais à qualifier les Lions en finale de la CAN après Bruno Metsu en 2002. Deux finales de CAN en trois participations, son bilan depuis sa prise de fonction en mars 2015, au lendemain de la non-reconduction du contrat d’Alain Giresse éliminé avec le Sénégal au premier tour de la CAN, parle pour lui. C’est en grande partie pour ses qualités de meneur d’hommes, comme lorsqu’il était capitaine, que Cissé avait été choisi pour donner plus de caractère à un groupe talentueux. L’ancien joueur a imposé dès son arrivée le triptyque : sérieux, discipline, et surtout rigueur au point d’être surnommé «Yaya Jammeh » (ex-dictateur gambien) par les joueurs lors de ses premiers mois à la tête des Lions.

Réponses aux Lions de 2002
Pendant plus de six ans, l’ancien sélectionneur des moins de 23 ans sénégalais a progressé en même temps que son équipe, a évolué et lâché du lest. « Forcément, le Aliou Cissé de 2015 n’est pas le Aliou Cissé de 2019, avouait-il lors de la CAN en Égypte. Au Cameroun, le technicien a gardé son calme et fait preuve de maturité même au plus fort de la tempête de critiques après un premier tour bouclé avec un seul but sur penalty en trois matches.
Il est désormais rompu aux critiques de la presse, des supporters et même de ses anciens coéquipiers de 2002. À Henri Camara (« Cissé cumule les erreurs ») et Khalilou Fadiga (« Il doit quitter s’il ne gagne pas la CAN »), il répond : « Je me suis levé chaque matin en pensant à comment donner le maximum à ma Nation, à mon pays. C’est sur ça que je suis concentré. Je laisse les autres parler de mon avenir. »
À El Hadji Diouf, qui avait lâché après la Coupe du monde 2018 « Tant que cette équipe aura comme sélectionneur Aliou Cissé, elle n’ira nulle part », il lui a ouvert les portes de la sélection comme « grand frère » auprès des joueurs. De zéro à héros, Aliou Cissé a déjà connu ça. Ce soir, il ne voudra rien d’autre que repartir de Yaoundé avec la Coupe et avoir son nom au plus haut sommet du foot sénégalais.