Une semaine après avoir ouvert un cycle de rencontres avec des partis politiques et d’autres acteurs de la scène nationale, le président Tebboune s’est exprimé, pour la première fois, sur ce qu’il convient désormais d’appeler son initiative dite de «rassemblement».

PAR NAZIM BRAHIMI
Il s’agit, en effet, des premiers mots du Président qui confirment l’existence de l’initiative promue depuis la semaine écoulée par diverses voix institutionnelles et partisanes. Une annonce faite dans la soirée de dimanche, quand le chef de l’Etat a rencontré des représentants de la communauté algérienne, en marge de sa visite en Turquie à l’invitation de son homologue turc.
Le président de la République a indiqué, à cette occasion, qu’il aura dans «les semaines à venir une rencontre inclusive avec les partis politiques» dans le cadre de cette initiative de rassemblement, qu’il a qualifiée d’ailleurs «de nécessaire» pour la création «d’un front interne soudé». Cette rencontre «inclusive» avec les partis politiques fera ainsi suite aux rencontres bilatérales tenues jusque-là avec des chefs de parti et qui ont «permis de débattre et d’évaluer plusieurs questions», a souligné M. Tebboune devant la communauté algérienne établie en Turquie.
Le président de la République a rencontré six représentants de partis politiques, à savoir Abdelkader Bengrina, Soufiane Djillali, Abdelaziz Belaïd, Abderezak Makri, Abou El Fadhl Baadji et Tayeb Zitouni, ainsi qu’Abdelaziz Rahabi, ministre de la Culture et de la Communication et porte-parole du gouvernement de 1998 à 1999 sous la présidence de Liamine Zéroual. Les interlocuteurs de la présidence ont ainsi exprimé leurs attentes sur divers volets avec une focalisation sur les questions socio-économiques compte tenu du contexte «inquiétant» dominé par l’affaiblissement du pouvoir d’achat des ménages ainsi que le nécessaire rétablissement de la confiance entre les citoyens et les institutions de l’Etat.
Se déclarant «conscient» des menaces de déstabilisation qui guettent le pays dans un climat régional et international crisogène, le président de Jil Jadid a affirmé que «les dimensions judiciaires et sécuritaires ne peuvent à elles seules résoudre les problèmes du pays lorsqu’il y a un manque de confiance entre les citoyens et les institutions». Soufiane Djilali a relevé avoir également exprimé au premier magistrat du pays sa «préoccupation quant à la situation des médias nationaux, à l’absence de débats ouverts et contradictoires, à la faiblesse évidente de la communication gouvernementale…», estimant qu’«il y a des événements qui retentissent fortement auprès de l’opinion publique mais qui ne sont pas traités, à mon sens, de manière convaincante par les autorités publiques».
De son côté, M. Rahabi a indiqué avoir discuté avec le chef de l’Etat en tenant compte des implications directes et indirectes de la crise internationale sur l’Algérie de «la nécessité de constituer un front interne puissant», soulignant que «ces implications pourraient être aussi sécuritaires sur notre région et non pas uniquement économiques».
Pour sa part, le RND, qui approuve la démarche qui est de nature à «créer un climat propice à un décollage économique et de consolider la cohésion interne», considère : «Nous ne pouvons parler de front interne, de stabilité nationale ou de souveraineté de nos décisions que lorsque nous disposerons d’une économie et d’institutions fortes, d’où la nécessité de s’unir et de revoir notre approche économique».
Des avis et appréciations qui attestent, particulièrement, au-delà des attentes purement politiques des hôtes d’El Mouradia, de l’insatisfaction de plusieurs acteurs politiques quant au travail du gouvernement, notamment en ce qui concerne les départements de l’économie, des critiques qui tendent à devenir récurrentes envers l’Exécutif d’Aïmene Benabderrahmane. n