L’ex-directeur des sports au ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), Mokhtar Boudina, a estimé que la reconversion des athlètes d’élite après leur carrière, était victime de l’absence de textes réglementaires d’application du statut existant, ce qui rend difficile sa concrétisation.

«Le statut d’athlète d’élite et de haut niveau existe depuis 2000, mais il devait être suivi de textes règlementaires afin de rendre son application effective sur le terrain», a rappelé l’ex-DG des sports au MJS lors du second Forum national des athlètes algériens, organisé par le Comité olympique et sportif algérien (COA) à Zéralda (Alger). «Le statut d’athlète d’élite et de haut niveau a été actualisé dans la loi 13/05 sur le sport, dans l’article 45 alinéa 1 qui donne un ancrage juridique à l’élaboration de ce statut lequel énonce un certain nombre de droits et d’obligations aux athlètes où figurent aussi un certain nombre d’aménagements consacrés par les textes concernant l’accès à des corps de métier, particulièrement dans l’administration en charge du sport, mais aussi l’accès à un certain nombre de concours et autres avantages», a expliqué l’ancien responsable.
Mais l’ancien directeur de la jeunesse et des sports d’Alger a déploré l’absence de textes règlementaires qui a rendu difficile l’application des dispositions du statut jusqu’à aujourd’hui. L’intervenant a parlé également des conventions que le MJS devait établir avec un certain nombres de secteurs, mais qui n’ont pas été entérinées, en plus d’autres dispositions spéciales «athlète d’élite» dans le cadre de l’insertion professionnelle. Néanmoins, le modérateur de la thématique «Dispositifs de reconversion mis en place par les pouvoirs publics», lors du forum, a reconnu que la reconversion des athlètes restait «une problématique beaucoup plus complexe».

L’après-carrière, un constat qui attriste

«Cette reconversion, devenue un souci pour les sportifs d’élite et de haut niveau, doit commencer à l’éclosion de l’athlète. Il faut qu’on arrive à concilier le projet sportif avec le projet social en même temps et mettre tout en œuvre pour permettre la prise en charge de l’athlète quand il est jeune talent, sur le plan sportif et social, jusqu’à la fin de sa carrière», a souligné Boudina.
Pour lui, le MJS, par son devoir de mettre en place un cadre réglementaire et juridique, est le premier accompagnateur de cette reconversion, vient ensuite la fédération qui est «directement impliquée». Boudina a considéré que la fédération sportive était «complétement absente» dans ce processus, trouvant «inadmissible qu’elle n’ait pas, au moins, un fichier complet de son athlète qui évolue en son sein. Aujourd’hui, je suis irrité de voir un athlète, avec tout ce qu’il a donné au pays, quémander un poste budgétaire d’éducateur sportif qui est en bas de l’échelle».n