Le prodigieux est comme une empreinte indélébile. Même si les années défilent, l’odeur du génie perdurera comme celle de Mesk-Ellil. C’est le cas pour Lakhdar Belloumi. Un crack du football en Algérie qui a su marquer les esprits. Au point de s’imposer parmi les footballeurs des temps modernes comme Mahrez et Bougherra et devancer ceux qui l’ont précédé à l’instar de Lalmas, Dahleb ainsi que Makhloufi. A l’issue d’un vote réalisé par le journal électronique «DZmatch.com», site sportif trilingue (Arabe, tamazight et français) créé en 2018, le natif de Mascara a été élu «Meilleur footballeur algérien de l’histoire».

Plus de dix mille internautes et trente journalistes algériens ont donné leur «Top 3» dégagé parmi 10 noms. : Rabah Madjer, Ahcen Lalmas, Rachid Makhloufi, Raïs M’Bolhi, Riyad Mahrez, Salah Assad, Abdelhafid Tasfaout, Madjid Bougherra, Lakhder Belloumi et Mustapha Dahleb. Ce même «Top 10» a été tiré d’une liste de 30 initiales qui comportait une trentaine de candidats. Ainsi, l’ex sociétaire du Ghali de Mascara a obtenu 38% des suffrages. Sur le podium, il est aisément devant l’actuel capitaine de l’équipe nationale Ryiad Mahrez (27%) suivi de l’ancienne gloire du CR Belouizdad, le regretté Ahcen Lalmas qui a cumulé 19% des voix.
C’est à Oran que cette distinction individuelle a été remise à son lauréat. Celui qui a fait 99 apparitions avec la tunique d’El-Khadra et inscrit 27 buts s’est dit «fier d’avoir été élu par en tant que meilleur footballeur algérien de l’histoire.» Le Ballon d’Or africain 1981 a aussi souhaité de «voir émerger de nouveaux joueurs algériens qui représenteront dignement le pays surtout sur le plan international avec des distinctions internationales» non sans remercier «ceux qui ont voté pour moi, j’espère que la nouvelle génération de joueurs fera encore plus pour représenter dignement le football algérien.»

Mahrez entre deux sommités
Cette décoration vient montrer que l’estime est transgénérationnelle. Belloumi, ce n’est pas tout le monde qui l’a vu jouer. Notamment la jeune génération. Mais il semble avoir toujours une place spéciale dans l’histoire de la balle ronde en Algérie. Sinon, il n’aurait pas été élu devant un compatriote de la trompe de Riyad Mahrez qui a eu l’occasion de monnayer son bagage footballistique génial sur le Vieux Continent et avec un club d’opulence comme Manchester City en plus de gagner des trophées prestigieux comme le MVP 2016 en Premier League en plus d’avoir gagné Championnats et Coupes en Angleterre.
Celui qui avait envoyé l’Algérie en finale de la Coupe d’Afrique des nations 2019 en Egypte, que l’EN a remportée en battant le Sénégal (1-0), d’un sublime coup franc face au Nigéria a tout de même terminé à la 2e place devant une autre figure emblématique du sport en roi Dz : le légendaire feu Lalmas.
A 29 ans, le «Citizen» a encore de la marge pour espérer détrôner Belloumi dans l’avenir. Pour cela, il lui faudra aligner une seconde participation en Coupe du Monde après celle en 2014 où il n’avait pas été souvent utilisé par Vahid Halilhodzic lors du parcours historique et la qualification inédite en 1/8 de finales.
En tout cas, le fait d’avoir pris part aux éditions 1982 et 1986 a pesé pour le vainqueur du concours. A partir de là, le Qatar, qui abritera la prochaine séquence en 2022, sera une étape à ne pas rater pour Mahrez. n