Le capital des entreprises publiques, petites et moyennes, sera ouvert à l’actionnariat privé. C’est ce qui est prévu dans la charte relative aux partenariats public-privé (PPP), signée, hier, par Ahmed Ouyahia et les partenaires sociaux du gouvernement. Sans l’ombre d’un doute, c’est le retournement de la situation budgétaire qui a incité le gouvernement à lâcher du leste sur la gestion des actifs publics.

« Nous faciliterons l’ouverture du capital des petites et moyennes entreprises publique dans le cadre de la législation en vigueur », a indiqué le Premier ministre, dans un discours prononcé, hier, à l’ouverture des travaux de la tripartie, réunissant le gouvernement, l’Ugta et les organisations patronales. L’ouverture de l’économie au capital privé ne s’arrête pas à cette seule histoire de prise de participations. Le gouvernement s’engage également à apporter son soutien à « tout investissement nouveau associant des entreprises publiques avec des entreprises privées ou mixtes. Par ailleurs, le gouvernement accueillera avec bienveillance toute disponibilité des entreprises locales à s’engager dans le financement, la réalisation et la gestion des infrastructures publiques que l’Etat mettra en chantier », souligne Ahmed Ouyahia, précisant également que l’esprit de la charte pour le PPP c’est aussi le soutien de son gouvernement à toute manifestation d’intérêt pour « la concession de prestations de service public au niveau local ». Si le gouvernement a décidé d’épouser le dispositif des PPP, fortement recommandé par les institutions de Brettons Woods, faut-il le souligner, c’est parce que l’Etat veut se voir dispensé de la gestion de certains actifs devenus encombrants et coûteux. L’enjeu est d’importance car l’Etat n’est plus en mesure de soutenir financièrement une multitude d’entreprises et d’établissements à caractère économique. Cette charte relative au PPP, qui entérine ainsi officiellement l’ouverture du capital des sociétés publiques, « concerne toutes les entreprises nationales publiques et privées, tous secteurs d’activités confondus, ainsi que les EPIC et autres organismes appartenant à l’Etat et les entités du secteur agricole ».
Les partenariats public-privé peuvent se concrétiser par le moyen, soit d’une création de co-entreprises, d’une ouverture du capital social d’une entreprise publique (augmentation de capital et/ou cession d’actions ou de parts sociales) ou bien de prises de participations dans des entreprises tierces existantes. En tout cas, le département d’Ahmed Ouyahia a tenté de tout codifier par le moyen de cette charte relative aux PPP, du champ d’application au soubassement juridique en passant par la transparence et le financement. L’Exécutif veut que cette mutation dans la gestion du patrimoine public se fasse sans couacs. « Nous y allons sans complexe », a souligné le Premier ministre, estimant que «ceux, certains partis politiques, qui plaident pour le statu quo, veulent que l’économie algérienne ait le même sort que le bateau Titanic ». Dans une déclaration à la presse à l’issue des travaux de la tripartite, le Premier ministre a tenu à préciser que l’ouverture du capital des PME publiques sera à hauteur de 66/34%. «Il s’agit d’une réforme et non d’une cession des entreprises publiques », a-t-il précisé, laissant entendre qu’il n’était plus judicieux que l’Etat s’occupe de briqueteries et de minoteries à l’heure où les enjeux économiques et sociaux sont plutôt de taille. La messe est ainsi dite ; plusieurs entreprises verront une mutation de leur gestion vers le privé dans une tentative de relancer l’appareil national de production. Reste que, de l’avis des économistes, le gouvernement gagnera à asseoir des mécanismes de suivi et de contrôle des PPP pour qu’il n’y ait pas un remake de l’affaire des privatisations des entreprises publiques faites dans une opacité totale.