Atteindre le haut niveau est difficile. Y reste pendant (très) longtemps l’est encore plus. Cristiano Ronaldo a prouvé qu’il est un joueur exceptionnel. Pour la deuxième année d’affilée (la 5e depuis le début de sa carrière), le Portugais (946 points soit 33.76% des suffrages) a été sacré meilleur joueur de la planète par le magazine France Football.

Derrière lui, on retrouve son éternel rival, Lionel Messi (670 points/23.91%), et le Brésilien Neymar (361 points/12.88%) qui complètent le podium dans l’ordre.

Le travail et l’abnégation paient. CR7 ne cesse de le prouver. Distancé par le lutin argentin (4 Ballons d’Or à 1 en 2012), le Lusitanien a fini par combler un retard significatif. Lui-même ne pensait pas pouvoir revenir à hauteur du numéro 10 du FC Barcelone. « Remporter ce trophée est une récompense sportive. J’ai connu une période extraordinaire: j’ai marqué beaucoup de buts, j’ai été meilleur buteur de la Ligue des champions, on a gagné la Ligue des champions et le championnat (d’Espagne), et cela a évidemment pas mal joué dans cette conquête (du Ballon d’Or). Je ne pensais pas pouvoir rattraper Messi, parce qu’après avoir gagné mon premier Ballon d’Or, il en a gagné quatre, et je pensais que ce serait difficile de l’égaler. Mais le foot donne l’occasion de continuer à travailler et de gagner, et j’ai gagné, et je vis un moment merveilleux », a reconnu le numéro 7 du Real Madrid. Au final, le buteur historique de la ‘’Casa Blanca’’ (418 buts en 412 rencontres) a fini par égaliser. Comme pour dire qu’il ne connait pas l’impossible. Que rien ne lui résiste.

L’égocentrisme… légitime
Certains ont commencé à contester le mérite de l’ancien sociétaire de Manchester United.
Et ce, à cause d’un début de saison très compliqué en championnat d’Espagne avec le club de la capitale ibérique. Mais s’il est en difficulté en Liga (2 réalisations en 10 matchs joués), le quintuple Ballon d’Or a trouvé où soigner ses statistiques. Sa suprématie dans une compétition prestigieuse comme la Ligue des Champions ne souffre d’aucun doute. Mercredi dernier, il a pris le temps de planter son 9e but en phase de poules devenant, par la même occasion, le premier joueur de l’histoire à trouver le chemin des filets dans les 6 rencontres du premier tour. Les records ne lui résistent pas. «Ce n’est pas par hasard ou par chance si j’ai gagné cinq fois le Ballon d’Or, c’est avec du travail, de l’abnégation, et en croyant toujours dans son potentiel et dans son talent. Hier (mercredi) j’ai encore décroché un record (premier joueur à marquer dans chacun des matches d’une phase de groupes de Ligue des champions, ndlr), aujourd’hui (jeudi) encore un record, que puis-je dire de plus? Un des mots que j’entends le plus dans mon quotidien, c’est : «Bravo». Quand tu entends bravo, c’est le signe que tu fais bien les choses, dans le sport comme dans la vie », explique le quadruple vainqueur de la C1 (une fois sous le maillot mancunien et trois avec la tunique madrilène). Un peu de nombrilisme et d’égocentrisme qui restent, malgré tout, légitimes, vue la place que le footballeur a pris dans l’histoire de la balle ronde universelle.

Dans l’histoire, quoi qu’il arrive !
Le panthéon footballistique ? Le meilleur baroudeur de tous les temps de la LDC (114 banderilles), pense qu’il l’a déjà exploré : « Je suis déjà entré dans l’histoire du foot, pas seulement en gagnant ce Ballon d’Or. J’y étais déjà entré en remportant un Ballon d’Or, puis deux, trois, quatre, cinq: maintenant c’est normal que je rentre dans l’histoire comme joueur qui l’a le plus remporté. Je suis donc très content, c’est un moment très particulier pour moi. Je n’aurais jamais cru que ce soit si beau, même pas en rêve», retrace le quadruple Soulier d’Or. La rivalité entre lui et la ‘’Pulga’’ ne risque pas de s’estomper de sitôt. Pour preuve, cette année, ‘’Léo’’ a chipé le ‘’Golden Boot’’ à son ennemi juré après avoir terminé aux commandes du classement des goaleadors de la Liga (37 unités). Les chiffres, c’est la seule chose qui puisse aider à départager ces deux monstres.

La quintessence dans la rivalité
Sur l’année civile, Messi a disputé 61 rencontres pour 52 goals et 14 offrandes ne réussissant à remporter qu’un seul trophée (Copa Del Rey). De son coté, Cristiano a inscrit son nom au tableau d’affichage à 49 reprises pour 13 passes délivrés en 56 apparitions soulevant, au passage, quatre (04) titres (Liga, Supercoupe d’Espagne, Ligue des Champions et Supercoupe UEFA).
L’on se demande si les deux hommes auraient pu tourner à un tel régime pareil s’ils n’avaient pas existé à la même époque. En tout cas, pour le vainqueur de l’Euro 2016 avec le Portugal pense, bien qu’à demi-mot, que la présence du gaucher à une période similaire l’aide à se surpasser et donner le meilleur de lui-même : «Oui, peut-être qu’inconsciemment, c’est un élément de motivation pour moi. Mais je dirais que ma première motivation, c’est moi-même. C’est une bataille contre moi-même en quelque sorte. Je suis motivé tous les jours, tous les matins quand je me lève. Peut-être qu’un jour ça s’arrêtera mais pour l’instant je me sens au top de ma forme.
On verra ce que l’avenir nous réserve», explique-t-il. Se surpasser reste donc le mot de passe pour la postérité. Le natif de Madère le détient. Et il n’est pas prêt de la brader parce qu’il a l’ambition de « rester quelques années encore dans le haut niveau.» Le stakhanoviste qu’il est, on ne peut que le croire sur parole en attendant qu’il fasse parler la poudre sur le rectangle.