Comme Nadal à Paris (13 Roland Garros) ou Federer à Wimbledon (8 couronnes), Novak Djokovic est le maître incontesté de Melbourne. Hier, le Serbe a décroché son 9e titre en autant de finales à l’Australian Open en surclassant le Russe Daniil Medvedev en 3 manches (7-5, 6-2, 6-2). Le tout en moins de deux heures de jeu (1h53 exactement). Net et sans bavure pour décrocher le 18e Grand Chelem en carrière et venir talonner les deux autres despotes, Rafa et Roger, qui en comptent 20 chacun.

Il n’y a clairement pas eu photo hier à la Rod Laver Arena ! Medvedev n’a tout simplement pas existé contre «Nolé» qui a su maitriser un adversaire l’ayant, peut-être, trop respecté ou… redouté. D’ailleurs, comme un symbole, lors de la cérémonie de remise des trophées, le vaincu du jour s’était contenté de se rappeler de leur première rencontre quand il était 600e mondial alors que le Serbe était déjà numéro 1.
«Pas facile de parler après avoir perdu une finale de Grand Chelem. Félicitations à Novak Djokovic et à son équipe. La première fois que je me suis entrainé avec lui, il était déjà numéro un mondial. Je pensais qu’il n’allait pas me parler et moi, j’étais timide, je ne parlais pas. Et finalement, il m’a parlé comme un ami», a lâché le tombeur de Tsitsipas en demies.
Si depuis celui qui deviendra numéro 3 à l’issue de ce tournoi a fait du chemin, il reste une certaine forme de «vénération» qui a fait que le «Djoker» avait déjà comme un ascendant psychologique dans cette explication ultime. Et pourtant, nombreux spécialistes étaient persuadés que c’était un match-piège. Cependant, l’expérience de l’homme aux trois titres d’affilée dans cette épreuve a prévalu.

La barre des 20 couronnes
Tennistiquement, Medvedev n’a pas non plus présenté des garanties pour pouvoir déranger un ogre de la balle jaune mondiale. Il n’a eu que 32 % (9/28) de réussite en tout derrière sa seconde balle et 69 % derrière sa première. Insuffisant pour espérer rallonger cette bataille au-delà des 2 heures. Malgré cette partition ratée, Medvedev a eu une petite consolation en voyant son tombeur reconnaître qu’il «est l’un des joueurs les plus compliqués que j’ai eu à affronter. C’est une question de temps avant que tu ne puisses gagner un Grand Chelem» en glissant un subtile «dans quelques années si tu veux bien.»
Le message masqué est clair : le natif de Belgrade ne compte bien s’arrêter à son 18e titre majeur. Et il prévient la «Next Gen» de laquelle le finaliste de cette édition 2021 fait partie. Dans le viseur, il a la barre des 20 couronnements. Un seuil que ses rivaux éternels, à savoir Nadal et Federer, ont déjà atteint. A 34 ans, il peut aller chercher 2 ou 3 autres consécrations pour rendre cette lutte pour le «GOAT» (Greatest Of All Time soit le plus grand de tous les temps) plus palpitante. Melbourne reste le lieu le mieux indiqué pour augmenter sa quête. Là-bas, c’est la loi du Djoker. A lui de prolonger le règne.