Après avoir appelé le président Bouteflika à briguer un 5e mandat à la tête de l’Etat, le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Djamel Ould Abbès, entame une précampagne électorale. C’est du moins ce qui était perceptible, hier, à l’occasion de sa rencontre avec six organisations estudiantines.

Il s’agit en l’occurrence de l’Union nationale des étudiants algériens (UNJA), l’Alliance pour le renouveau estudiantin national (AREN), l’Union nationale des étudiants algériens (UNEA), la Ligue nationale des étudiants algériens (LNEA), l’Organisation nationale de solidarité estudiantine (ONSE) et Solidarité nationale estudiantine (SNE). Ould Abbès a appelé, dès l’entame de son discours d’ouverture à la rencontre, les organisations estudiantines à « rejoindre les efforts du parti  FLN dans le bilan qu’il réalise de 20 ans de règne du président Bouteflika, pour lequel on a mis sur pied une commission nationale », avant de leur lancer « le Président vous aime ». Dans ce cadre, le secrétaire général du parti ne manquera pas de mettre en avant  « les acquis»  dont bénéficient les étudiants et l’université algérienne depuis 1999 : «  En Algérie, le repas de l’étudiant est à 1,20 DA  et  les inscriptions et le transport sont gratuits, contrairement à ce qui se fait à l’étranger où vous payerez 2 000 euros rien que pour les inscriptions universitaires. » « Tout cela, c’est grâce à la générosité du président de la République, président du parti », a-t-il lancé, avant d’inviter les étudiants à « s’unir pour protéger le pays, ses réalisations et sa stabilité». « Et le FLN sera là pour vous apporter l’aide qu’il vous faut », a-t-il promis. Face à la presse, Ould Abbès annonce la création d’une coordination des six organisations, baptisée « Djil Bouteflika », précisant qu’elle ne vise nullement « une politisation de l’université ». De son côté, le ministre de l’Enseignement supérieur, Tahar Hadjar, qui a pris part à la rencontre, a défendu « les bénéfices de l’université sous la présidence de Bouteflika ». « Depuis 1999, il y a eu la construction d’une dizaine d’universités et de laboratoires ».  Selon lui,  « l’université a connu un saut qualificatif  depuis l’arrivée du président Bouteflika ». Aussi et tout en exprimant son soutien à  la naissance de la  Coordination, Tahar Hadjar estime qu’elle «  est venue  au moment opportun car la communauté estudiantine représente toute la société et sa responsabilité est très grande dans la préservation des acquis réalisés dans tous les domaines, notamment dans le secteur de l’enseignement supérieur ». De leur côté, les représentants des organisations estudiantines ont rendu public, à la fin de leur rencontre, un communiqué dans lequel ils affirment que le lancement de cette initiative s’inscrit dans le cadre de « la valorisation des réalisations accomplies, leur fructification au profit du citoyen et l’engagement à poursuivre l’entreprise des acquis et des réalisations ». A ce propos, les étudiants se sont engagés à faire de leur espace « un cadre propice au dialogue, au débat, à la communication et l’interaction avec les questions nationales en faveur de la consolidation du processus d’édification, lancé il y a 20 années ». Invitant l’ensemble des étudiants des universités algériennes à « adhérer à cette démarche ouverte à toutes les organisations, à la différence de leurs sensibilités politiques et courants intellectuels, qui croient à la continuité du processus de réforme et de développement ».