Du Balma SC et la Division honneur en France à West Ham United en Premier League, le parcours est sensationnel. L’ascension est là pour un Benrahma qui a trimé pour parvenir à accrocher une place parmi l’un des clubs historiques de l’élite anglaise. Retour sur un itinéraire qui force l’admiration pour l’offensif de 25 ans qui compte utiliser le «Hammer» (surnom de son nouveau team qui signifie «marteau») pour briser l’ultime plafond et confirmer qu’il est un footballeur de grande dimension.

Il en a connu des piges avant de devenir un joueur permanent : des prêts au SCO Angers puis le Gazélec Ajaccio, où il n’a pas franchement pu montrer ce qu’il avait en magasin footballistique, avant cette saison 2017-2018 avec le maillot de LB Châteauroux. Cette dernière expérience est un tournant dans son parcours. C’est delà que la métamorphose a début.
L’œil de MacFarlane
Douze buts et cinq passes décisives en 34 apparitions toutes compétitions réunies, un bilan non-négligeable qui lui a valu l’intérêt de Brentford qui achètera son bon de sorti à la direction niçoise. Les responsables du team de la Côte d’Azur le cèdent contre 1.7 million d’euros sans trop mesurer le brut du natif d’Aïn Témouchent qui avait fait ses premiers pas au NR Bethioua à Oran.
Les Bees ont suivi le conseil d’un homme nommé Brendan MacFarlane qu’ils ont dépêché en France pour dénicher d’éventuelles «affaires». Le temps a montré que Saïd en est une. Et une très belle puisqu’il a été cédé à 16 fois son prix d’achat soit un bénéfice de 1500%. En Championship, le numéro 10 a connu deux exercices durant lesquels il fait l’étalage d’une palette technique remarquable. Surtout que la finesse n’est pas vraiment le fort dans cette Ligue. Malgré cela, le Fennec a pu montrer que le raffiné a toujours une place particulière et affectionnée dans le monde de la balle ronde.

Marquer ou passer ? Il fait les deux
Petits ponts (sa marque de fabrique), roulettes, râteaux, extérieur du pied…etc, celui qui compte 5 sélections avec l’EN a toute la panoplie du «Joga Bonito». Mais pas que ça. L’efficacité vient se greffer à touT ça. En 94 apparitions avec les Abeilles, il a trouvé la faille à 27 reprises et délivré 24 passes décisives, soit une implication dans 51 buts. On parle d’un joueur décisif 1 match sur 2. Quand ce n’est pas lui qui fait mouche, il aide un partenaire à le faire. C’est pour dire que Benrahma a cet équilibre qui fait qu’il peut être doublement dangereux. Surtout s’il est libéré.
Toutefois, parmi tous ces bons points, il y a un petit problème. Cette impression que le nouveau Hammer a un certain blocage quand il est sous l’effet de la loupe. On a pu voir ça lors des play-offs pour l’accession en PL avec Brentford en août dernier. Et pourtant, quand il n’y avait pas de pression, l’Oranais a livré de grosses prestations qui ont aidé les siens à être dans le top 3 à l’issue de la 42e journée de la saison régulière et s’offrir une place confortable pour les barrages.

Flegmatisme à toute épreuve
Dans ce rendez-vous ultime, il est resté muet en 3 rencontres se contentant de faire un seul «assist». Insuffisant pour chiper un sésame vers le palier suprême. La suite a fait rejaillir le doute. Des rumeurs d’intérêts des clubs de la D1 anglaise. Mais rien de vraiment concret. On est passé de Chelsea et Arsenal à Crystal Palace et West Ham et on pensait que le Vert était condamné à rester un footballeur de «seconde zone». Cette signature pour 28.8 millions d’euros chez les Londoniens est comme une aubaine pour lui afin qu’il soit plus exposé médiatiquement et puisse monnayer véritablement son habilité avec la balle. A condition qu’il ne se liquéfie pas sous le feu des projecteurs.
D’ailleurs, le sélectionneur Djamel Belmadi, qui l’a retenu pour la fenêtre internationale FIFA du mois d’octobre, cerne le tempérament de son poulain qui peut, selon lui, «s’imposer en Premier League et en EN. Mais il y’a des étapes» non sans se montrer persuadé qu’ «en principe, après ses performances en Championship, il devrait jouer en Premier League.» Des propos qui sonnent comme une évidence. Reste juste à respecter les étapes. Après tout, le flegmatisme a mené Benrahma jusque-là. Gageons qu’il saura gérer cet aspect étant donné que son pied est dans l’étrier dont il a toujours rêver : la crème anglaise pour un talent succulent. n