A l’heure où l’Algérie s’active à promouvoir la production locale, des sources indiquent que le ministère du Commerce pourrait sévir sur le marché de l’électronique en imposant des quotas à l’importation.

Pour Iheb Tekkour, spécialiste en technologies de l’information et de la communication (TIC), les opérateurs algériens doivent être à la hauteur du défi pour que la disposition ait les résultats escomptés.

Reporters : Serait-ce une bonne initiative de soumettre l’import de produits électroniques à la règle des quotas ?
Iheb Tekkour : Il faut être réalistes, nous ne sommes pas le Japon ou la Corée du Sud. Le marché algérien a besoin de cette technologie importée et recourir à cette mesure, surtout si elle s’avère drastique, risque de comprimer un marché local très demandeur en produits téléphoniques estimé à quelque 400 millions de dollars bon an mal an et qui est parvenu à créer un nombre important de postes d’emploi et des structures commerciales souvent gérées par des jeunes. A l’échelle mondiale, la progression des ventes est exponentielle, les ventes de Smartphones et tablettes sont en constante progression.
Seuls les PC connaissent une nette régression. Et la tendance est la même pour l’Algérie, les jeunes sont ceux qui consomment en majorité ces produits, ils sont au courant des dernières évolutions.
Ce serait donc un coup de frein, qui pourrait encourager la pratique du cabas et du marché noir par ailleurs. Maintenant le contexte est à la crise et il est clair que l’obligation des quotas ne doit pas se faire aux dépens de la qualité.

Cela pourrait, dit-on, encourager la production locale…
C’est vrai. La mesure des quotas est faite aussi pour ça, c’est une mesure de limitation de sortie des devises, mais elle est aussi en faveur de la consommation locale. Mais pour cela, il faudra qu’elle parvienne très vite à des niveaux de production industrielle, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, et exiger aussi des producteurs algériens que leurs produits soient aux normes internationales, ce qui pourrait aussi leur permettre d’exporter. Beaucoup de produits électroniques algériens sont interdits en Tunisie et au Maroc par exemple où la réglementation est stricte.

Dans le domaine de la téléphonie, on n’est pas encore au stade de l’export et ce qui importe avant tout aujourd’hui est d’animer le marché domestique…
Oui, bien sûr. Par rapport au grand potentiel que représente le marché algérien, on a un taux d’intégration faible des produits nationaux. Il faut que les producteurs algériens de Smartphone et d’électronique en général, ceux qui sont notamment à la pointe du marché, prennent aussi en considération la question du service après-vente.
Il faut qu’il y ait une sensibilisation à cet effet. Lorsqu’un acheteur se procure un produit, il a besoin d’un accompagnement de l’opérateur en cas de problème après l’achat. Cela rappelle au moins qu’en Algérie il y a des professionnels qui répondent présents à la demande du client.