La mouture de la Constitution soumise aujourd’hui au Conseil de la Nation pour adoption avant le référendum populaire du 1er novembre prochain prend son ancrage dans l’«identité» et l’«unité» du peuple algérien, des valeurs qui doivent demeurer incontestablement immuables, et se veut comme une réponse à ses aspirations en proposant de consacrer l’égalité, la séparation des pouvoirs, la démocratie participative, l’Etat de droit, ainsi que la lutte contre la corruption dans toutes ses formes. La réduction des inégalités sociales et l’élimination des disparités régionales de même que l’édification d’une économie productive et compétitive figurent également parmi les principes de la Loi fondamentale.
Ces principes sont contenus dans le préambule qui revient sur l’Histoire de l’Algérie et de toutes les luttes qu’elle a menées jusqu’à recouvrer son «indépendance» et sa «souveraineté» grâce à l’«unité» et la «mobilisation» du peuple qui a «versé son sang pour asseoir sa volonté d’indépendance et de souveraineté nationale, sauvegarder l’identité culturelle nationale et doter l’Etat d’authentiques assises populaires». «Le peuple algérien est un peuple libre, décidé à le demeurer (…). Le 1er Novembre 1954 ainsi que sa proclamation fondatrice auront été l’une des clés de son destin», selon le texte de la loi Fondamental qui cite la mobilisation au sein du «Front de libération nationale historique» et de «l’Armée de libération nationale».
Le préambule du texte traduit que c’est la volonté populaire qui a toujours été à l’origine de tout changement, mais aussi à la sauvegarde de l’Etat, non sans faire référence au mouvement de protestation du Hirak qui s’est exprimé le 22 février 2019 et grâce auquel il y a une nouvelle Constitution soumise à référendum. Cette volonté était également présente pendant la décennie noire. Une décennie durant laquelle «la résistance du peuple algérien à l’entreprise violente de remise en cause de son unité et de la stabilité de l’Etat a conforté son attachement aux valeurs de pardon et de paix» matérialisées par «la mise en œuvre d’une politique de paix et de réconciliation nationale qui a donné ses fruits et qu’il entend préserver».
Exit tout extrémisme, violence et discrimination
Dans son préambule, la mouture de la Constitution dénote que le peuple ne s’est pas départi de ses valeurs et principes et que c’est dans cet esprit que s’inscrit le Hirak du 22 février. «Le peuple entend garder l’Algérie à l’abri de la fitna, de la violence et de tout extrémisme, des discours haineux et de toutes formes de discrimination, en cultivant ses propres valeurs spirituelles et civilisationnelles de dialogue, de conciliation et de fraternité, dans le respect de la Constitution et des lois de la République. Le peuple soucieux de traduire dans cette Constitution ses aspirations à des mutations politiques et sociales profondes pour l’édification d’une Algérie nouvelle telles qu’exprimées pacifiquement depuis le Hirak populaire originel du 22 Février 2019».
C’est ainsi que la nouvelle Loi fondamentale préconise une démocratie participative, mettant à contribution toutes les franges de la société algérienne, tel que réclamée par le peuple. «Ayant toujours milité pour la liberté et la démocratie et attaché à sa souveraineté et à son indépendance nationales, le peuple entend, par cette Constitution, se doter d’institutions fondées sur la participation des citoyens et de la société civile, incluant la communauté algérienne à l’étranger à la gestion des affaires publiques, et qui réalisent la justice sociale, l’égalité et la liberté de chacun et de tous, dans le cadre d’un Etat de droit républicain et démocratique». C’est donc à travers ses institutions que l’Etat fera de la Constitution «le cadre idéal au renforcement du lien national et de la garantie des libertés démocratiques du citoyen». La lutte contre la corruption et la garantie des droits et libertés de tous les Algériens sont d’autres points importants que promet le nouveau texte s’il passe le test décisif de référendum.
«En approuvant cette Constitution (…), le peuple entend consacrer plus solennellement que jamais la primauté du droit. L’Algérie exprime son attachement à la prévention et à la répression de la corruption telle qu’elles ont été consacrées par les traités qu’elle a ratifiés», selon le texte, qui réaffirme que la Constitution permet d’assurer «la séparation et l’équilibre des pouvoirs, l’indépendance de la justice, ainsi que la protection et la sécurité juridiques et démocratique et le contrôle de l’action des pouvoirs publics».
La jeunesse, qui représente un «énorme potentiel», n’est pas en reste et semble jouir d’un intérêt particulier en ce sens où elle représente l’avenir du pays. La Constitution à voter «prend acte de son aptitude et sa détermination à relever les défis politiques, économiques, sociaux et culturels du pays» et montre de la détermination de l’associer effectivement à la construction du pays et à la sauvegarde des intérêts des générations futures, en lui garantissant une formation de qualité assurée par les institutions de l’Etat et de la société.
En somme, «la Constitution est au-dessus de tous, elle est la loi fondamentale qui garantit les droits et libertés individuels et collectifs, protège le principe du libre choix du peuple, confère la légitimité à l’exercice des pouvoirs et consacre l’alternance démocratique par la voie d’élections périodiques libres et régulières». n