“Mokhtar lived and breathed Algeria. The country became his mother, his siblings, his truest and deepest love. He joined the struggle, became an activist in his high school years, organizing a secret cell of the Front de Libération Nationale among the students. He became a soldier of the National Liberation Army (ALN)
(Mokhtar Mokhtefi, I was a French-Muslim : Memories of an Algerian Freedom Fighter, préface de Elaine Mokhtefi, Other Press, New York, 2021, p. 284).

“What are the ‘possessors of knowledge’ waiting for to denounce loud and strong these crimes against mankind’s conscience and their universal principles ? […] What has become of the values of the Enlightenment ?
(Mokhtar Mokhtefi, op. cit.)

“They [the French army] decimated the population, individually and collectively. They killed off tribes, they smothered them wholesale by smoking them out within caves. They colonized the land and indentured the inhabitants”
(Mokhtar Mokhtefi, op. cit, préface de Elaine Mokhtefi).

Par Arezki Ighemat, Ph. D of Economics, Master of Francophone Literature (Purdue University, USA)

Très peu de combattants de la lutte de libération nationale ont écrit leurs mémoires pour raconter leur vie pendant la guerre pour l’indépendance de l’Algérie. Parmi les quelques-uns qui l’ont fait, nous pouvons citer l’ouvrage de Zohra Drif, « Mémoires d’une combattante de l’ALN : Un devoir de mémoire », paru aux Editions Chihab, Alger, en 2013. Il y a aussi le livre de Louisette Ighilahriz, intitulé « Algérienne », récit recueilli par Anne Nivat, paru aux Editions Fayard, en 2001. Et tout récemment, il y a le livre de Lakhdar Bentobbal, intitulé « Lakhdar Bentobbal : Mémoires de l’Intérieur », édité et publié par l’historien Daho Djerbal aux Editions Chihab en 2022. L’ouvrage dont nous parlerons aujourd’hui est celui d’un autre combattant, dont le nom est moins connu, mais dont le parcours en tant que militant et combattant est très fascinant. Son titre est « I am a French-Muslim : Memories of an Algerian Freedom Fighter”, publié en 2021 aux Edtitions Other Press LLC. L’ouvrage de Mokhtar Mokhtefi est préfacé par Elaine Mokhtefi, une autre grande militante de la lutte de libération nationale, et qui n’est autre que l’épouse de l’auteur. Il faut souligner que Elaine Mokhtefi a, elle-même, publié un ouvrage intitulé « Algiers : Third World Capital : Freedom Fighters, Revolutionaries, Black Panthers, publié aux Editions Verso Books, en 2018, qui parle du rôle que l’Algérie a joué dans le combat des mouvements de libération mondiaux dans les années 1960-70. Il n’est pas possible, bien entendu, dans le cadre d’un article de presse, de retracer en détail les 448 pages du livre et les différentes péripéties et anecdotes contenues dans le livre de Mokhtar Mokhtefi. Pour appréhender tous ces détails, nous encourageons le lecteur à lire l’ouvrage. Ce que nous nous contenterons de faire, dans l’espace du présent article, est de rapporter ce que nous pensons être les moments les plus marquants du parcours de ce militant politique et combattant de la libération nationale. L’ouvrage est divisé en trois parties : la première est intitulée « Childhood » (Enfance), la seconde, « The Awakening » (Le Réveil) et la troisième —qui est la plus volumineuse et qui retrace les différents évènements et les différentes figures politiques et militaires que l’auteur a eu l’occasion de connaître— est intitulée « Soldier of the ALN Signal Corps » (Soldat du service de transmissions de l’ALN). Cependant, avant que Mokhtar Mokhtefi nous raconte sa vie de militant et de combattant dans ces trois parties, le lecteur devra passer par la lecture de la préface, très opportune, écrite par Elaine Mokhtefi, l’épouse de l’auteur, qui donne le contexte historique et géopolitique dans le lequel le livre a été écrit.

La préface d’Elaine Mokhtefi, une grande militante
Dans la préface à l’ouvrage de son mari, Elaine Mokhtefi rappelle le contexte historique de la lutte de libération nationale. Elle commence par parler de la situation de l’Algérie pendant la période coloniale qui aura duré de 1830 à 1962, soit 132 ans, et des effets désastreux de l’Etat colonial sur la population et l’économie du pays : « It [Algeria] was a settler country, something like the United States or Australia. People came from Europe, and around the Mediterranean, to occupy the land…They decimated the population, individually and collectively. They killed off tribes, they smothered them wholesale by smoking them out within caves. They colonized the land and indentured the inhabitants” (L’Algérie était un pays de peuplement, un peu comme les Etats-Unis ou l’Australie. Les gens sont venus d’Europe et du pourtour de la Méditerranée pour occuper le territoire… Ils ont décimé la population, individuellement et collectivement. Ils ont tué des tribus, ils les ont brûlées vives à l’intérieur de grottes. Ils ont colonisé le territoire et placé sous leur joug ses habitants) (Mokhtar Mokhtefi, op. cit, préface de Elaine Mokhtefi, p. viii). Elaine Mokhtefi ajoutera : « En fin d’analyse, les puissances coloniales ont maintenu un système de subjugation de la population. Elles ont gouverné avec violence, tricherie et haine. Ils étaient un million, les ‘Européens’, appuyés par les lois et la machine répressive de la France coloniale ; ils ont fait plier sous leurs lois les neuf millions d’Algériens. Les Algériens ont été gouvernés par les inventeurs des ‘droits de l’homme’ sous la bannière « Liberté, Egalité, Fraternité ». Elaine Mokhtefi parlera ensuite du sursaut du 1er Novembre 1954 et du lancement de la Révolution armée contre le colonisateur français : « Le 1er Novembre 1954, environ un millier d’hommes venus de tout le pays ont lancé la lutte avec des fusils rouillés, des couteaux de « boy scouts », avec leurs mains nues. Ils ont attaqué aussi bien des cibles militaires que civiles ». Elaine Mokhtefi parle aussi du rôle joué par l’Algérie dans la décolonisation du Tiers-Monde, notamment en aidant les mouvements de libération nationale d’Afrique et d’Amérique Latine. Elle raconte l’anecdote où Nelson Mandela, après sa sortie de prison, arrive dans l’Algérie indépendante, déclarant, devant les foules qui étaient venues l’accueillir : « I am Algerian » (Je suis Algérien) (Mokhtar Mokhtefi, op. cit, préface de Elaine Mokhtefi, p. px). Et, en référence à Frantz Fanon, une autre figure emblématique de la lutte contre le colonialisme international et de la lutte armée algérienne, Elaine Mokhtefi raconte l’anecdote suivante : « Un jour, il [Frantz Fanon] se dressa sur son lit et, me regardant directement dans les yeux, me dit avec ardeur : Ce n’est pas une mauvaise chose de mourir pour son pays. » (Mokhtar Mokhtefi, op. cit, préface de Elaine Mokhtefi, p. xvii).
Après avoir décrit le contexte historique dans lequel a été déclenchée la lutte de libération nationale, Elaine Mokhtefi parlera de Mokhtar Mokhtefi, son mari : « Mokhtar vivait et respirait l’Algérie. Le pays devint sa mère, ses frères et sœurs, son vrai et profond amour […] Il est devenu un soldat de l’Armée de Libération Nationale ». Parlant du titre du livre de son mari, particulièrement de l’expression « Franco-Musulman » (French-Muslim) utilisée par les Français pour désigner les Algériens à l’époque, Elaine dira : « Franco-Musulman, dans le titre du livre de Mokhtar Mokhtefi, n’est pas une formulation banale, mais le nom donné aux Algériens pendant le règne de l’administration coloniale ». Elle ajoutera : « Pendant que l’Algérie était considérée comme une partie de la France et que son million d’Européens étaient considérés comme Français, sur les cartes d’identité des Algériens, il était inscrit « Franco-Musulmans, à la manière du régime de Vichy qui apposait, pendant la Seconde Guerre mondiale, le terme « Juifs » sur les cartes d’identité des gens de confession juive». Elaine Mokhtefi poursuit : « Even though France portrayed itself as a secular state, it defined Algerian subjects by their religion” (Même si la France prétendait être un Etat séculaire, elle définissait les sujets Algériens par leur religion). Parlant de son mari et de son dévouement entier pour l’Algérie, Elaine Mokhtefi raconte l’anecdote de l’entretien que son mari a eu avec le romancier algérien Amara Lakhous à qui Mokhtar a dit : « Algeria lies under our feet and in our hearts until death » (L’Algérie est enracinée sous nos pieds et se trouve dans nos cœurs jusqu’à la mort).

Le parcours du combattant Mokhtar Mokhtefi
Dans la première partie consacrée à son enfance, Mokhtar Mokhtefi raconte plusieurs anecdotes où il montre la ségrégation qui existait à l’époque de la colonisation entre les Algériens et les colons. Il commence par dire que le maire de Berrouaghia —où son père avait une boucherie— avait donné des instructions pour que les Français (les Européens d’Algérie) soient servis les premiers : « les Musulmans et les Juifs peuvent avoir ce qui reste après que les Français soient servis. » (p.10). Il dira ensuite qu’« à l’école, il avait appris que l’Algérie comptait trois départements, que les habitants de la Bretagne [France] sont appelés Bretons, mais que les Européens ne nous appelaient jamais Algériens. Pour eux, nous sommes des natifs, des Musulmans, ou des Arabes et nos cafés étaient appelés ‘cafés maures’…Dans la cour de l’école, ils [les Européens] refusent de jouer avec nous, et en dehors de l’école, ils nous ignorent carrément » (p.30). L’auteur parle aussi de la manière avec laquelle les Européens épellent les noms des Algériens. Il raconte que son professeur lui avait posé la question : « Comment épelle-t-on ton nom ? ». « Mok-te-fi », répond Mokhtar. Il ajoute que « tous les noms dans sa famille sont épelés différemment…Les Français nous traitent réellement avec dédain ». L’autre anecdote que l’auteur raconte porte sur la question « Pourquoi les Algériens roulent-ils les « r » (comme lui) ? Il dira « qu’il y a une ligne de démarcation entre les Algériens qui roulent les « r » et ceux dont les « r » sont plus « soft », à la manière des Européens ». Il expliquera cela en disant que « la différence est due peut-être à notre altérité (otherness) ». Il ajoute : « Quelquefois nous prononçons différemment les « r » selon les gens à qui nous parlons : entre Algériens, nous roulons les « r », avec les autres nous adoucissons les « r ». Une autre anecdote indiquant la ségrégation entre Européens et Algériens se passe au théâtre : « They [Europeans] have priority at the ticket counter, thanks to the Algerian police auxiliary who pushes the Algerians aside. They mount the staircase like nobles in their castles or princes in their palaces” (Ils [les Européens] ont la priorité pour l’achat des billets au guichet grâce à l’agent de police algérien qui pousse les Algériens pour laisser la place aux Européens. Ces derniers montent l’escalier à la manière des nobles dans leurs châteaux ou de princes dans leurs palais) (p. 84). L’auteur parle aussi de la supposée « mission civilisatrice » de la France et se demande ce qu’elle signifie réellement. Il dira que cette « mission civilisatrice » a privé ses parents de toute éducation : « De mes six frères, je suis le seul à aller au lycée ». « Elle [la France]a détruit notre culture pour la remplacer par la sienne […] N’ayant pas une éducation bilingue, j’ai l’impression que j’ai été amputé d’une partie de moi-même. Mon arabe est faible, je suis incapable de tenir une conversation sur mes sujets favoris, les livres que je lis, la poésie que j’aime, mes pensées profondes et mes ennuis, ma découverte de ce que je suis…Je sens que je suis mutilé, me balançant en avant et en arrière entre la famille traditionnelle, le village et ma vie à l’école et dans la ville. Je suis en train de me ‘franciser’, pourrait-on dire. Je dois faire la distinction entre ce qui représente le progrès et ce qui me dépersonnalise, ce qui, en fait table rase de siècles d’histoire. » (p.91).
Toujours concernant le mythe de cette « mission civilisatrice », l’auteur raconte l’anecdote où Madame Garnier, son institutrice, lui demande s’il va laisser ses parents choisir sa femme pour lui, comme c’est la tradition chez les Algériens : « Je ne compte pas sur ma mère pour choisir une femme pour moi. Je me fous de savoir d’où ma femme vient ou la religion de ma future femme, ce qui importe est que nous nous aimions », rétorqua Mokhtar. Ce qui conduit à la réponse de Madame Garnier : « Quel grand succès ! Ces jeunes sont la personnification du succès de la ‘mission civilisatrice’ de la France » (p. 98). Madame Garnier lui posa alors la question : « Qu’est-ce donc que vous avez contre la France ? ». Mokhtar répond : « Rien, sauf que vous nous avez enseigné votre slogan « Liberté, Egalité, Fraternité », mais vous avez tout fait pour qu’aucun d’entre nous ne puisse devenir le maire de ce village. » (p. 98). Dans la deuxième partie de ses mémoires, intitulée « Le Réveil » (The Awakening), Mokhtar Mokhtefi poursuit son récit sur le contexte de ségrégation dans lequel les Algériens vivaient pendant la période coloniale. Il parlera aussi des illustres combattants qu’il a rencontrés et avec lesquels il a partagé son combat pour la libération et ses opinions sur l’avenir de l’Algérie. Sur le sujet de savoir quel serait le statut des Européens dans l’Algérie indépendante, Mokhtar posa la question à Amara Rachid, alias Si Mustapha, un des étudiants de l’Ugema qui ont déclenché la grève des étudiants algériens du 19 mai 1956. Voici ce que répondit Amara Rachid : « Ils [les Français] devront choisir entre la nationalité algérienne et leur nationalité d’origine. S’ils veulent demeurer Français, ils seront traités comme étrangers, conformément aux lois du pays ». Amara Rachid ajoutera : « La France devra reconnaître la souveraineté algérienne et définir la relation entre les deux nations. » (p. 136). L’auteur parle aussi de l’indifférence des Européens d’Algérie à l’égard des Algériens : « They don’t want to know us, are content with the prejudice inculcated by their parents and can’t seem to realize that ignoring others engenders fear, and fear engenders arrogance and racism among the victors” (Ils ne veulent pas nous connaître, et sont satisfaits avec le préjudice inculqué par leurs parents et ne semblent pas réaliser qu’ignorer les autres engendre la peur et que la peur engendre l’arrogance et le racisme entre les victorieux » (p. 141). Sur le racisme, en particulier, des Européens vis-à-vis des Algériens, l’auteur raconte l’anecdote de son professeur de science européen, qui est raciste. Mokhtar dira, à ce propos : « Je n’ai pas bien travaillé en science parce que c’est une discipline enseignée par un professeur ouvertement raciste. La preuve de cela : il [le professeur] n’a jamais donné une bonne note à un Algérien sans donner la même note à un Français dont il annonce le nom en premier » (p. 143). Autre exemple de racisme : « Au début du siècle, les Algériens voyageant en France se voyaient placer autour de leur cou un bracelet sur lequel il y avait le nom de leur employeur, quelque chose qui ressemble au bracelet que l’on met autour du cou des chiens où sont inscrits le nom et l’adresse de leurs maîtres » (p. 146).
A propos de l’aide qu’il apportait aux moudjahidine dans le domaine des médicaments, Mokhtar dira : « J’ai décidé de tenter ma chance en m’arrêtant devant le cabinet médical du docteur Bail presque chaque jour après que la secrétaire du docteur soit partie pour déjeuner. Je pique des boîtes de pénicilline et autres antibiotiques et les place dans mon cartable. Je les cache dans une boîte dans le placard de ma chambre. La secrétaire, une jeune Algérienne…n’a aucune idée de ce que je fais. » (p. 166). L’auteur parle aussi de la situation et des revendications des étudiants algériens. Il cite la déclaration faite dans le journal « Le Monde » du 3 avril 1955, par Mohamed Khemisti, un autre membre de l’Ugema : « Comment peut-on étudier quand nos pieds sont liés par des chaînes de l’esclavage colonial ? Dépersonnalisés, déracinés, exilés de leur langue et de leur passé, les étudiants musulmans algériens demandent le droit d’être eux-mêmes, d’étudier leur langue, d’explorer leurs racines culturelles. Cette cause est d’abord et avant tout celle de la liberté et de la souveraineté qui commande le reste ».


La troisième partie du livre de Mokhtar Mokhtefi est intitulée « Soldat du corps de transmission de l’ALN » (Soldier of the ALN Signal Corps). L’une des anecdotes racontées par l’auteur dans cette partie est celle du détournement, le 22 octobre 1956, de l’avion qui transportait les leaders de la Révolution du 1er Novembre (Ben Bella, Boudiaf, Aït Ahmed et Khider) vers Tunis où devait avoir lieu une rencontre avec les leaders tunisiens. Mokhtar dira à ce propos : « Les photos des quatre leaders de la Révolution, qui, menottés, étaient montrés sur le tarmac, devant le monde entier…et étaient présentés comme des criminels ». En réaction à cet évènement, Mokhtar dira : « J’assure les membres de mon groupe que lorsqu’un frère tombe, dix surgissent de l’ombre pour le remplacer » (p. 207). L’auteur parle aussi du moment où il décide de rejoindre les rangs de l’ALN et d’acheter, pour la circonstance, un fusil. Il raconte aussi sa rencontre avec Abdelhafid Boussouf (alias Si Mabrouk) et Houari Boumediène (Mohamed Boukherouba) et l’ordre qu’il avait reçu de Boussouf de traverser la frontière pour se rendre au Maroc. Boussouf regarde Mokhtar et ses collègues et leur dit : « Cette nuit, vous devez traverser la frontière. Trois quarts d’entre vous mourront, soit en marchant sur une mine ou en se heurtant à la barrière en fil barbelé électrifié. Si vous n’êtes pas prêts à faire ce sacrifice, ou si vous avez des problèmes de santé qui vous empêchent de venir avec nous, parlez. Plus tard, il sera trop tard. » (p. 215).
Sur le concept de « chahid », L’auteur écrit : « Le concept de chahid est un concept nouveau dans le langage militaire. Sa connotation religieuse réassure, ennoblit le moment suprême : l’âme du chahid ira directement au Paradis où elle reposera éternellement. Cette représentation abstraite est présente dans l’esprit de chacun de nous… Nous sommes fiers d’être des ‘moudjahidine’ » (p. 249). L’auteur parle aussi de l’usage par l’armée française d’armes chimiques : « Il n’y a aucun doute, les avions français ont utilisé des armes chimiques et bactériologiques, armes interdites par les conventions internationales ». Il pose alors la question au peuple français : « What is the French population waiting for to act ? Their children are carrying out these crimes” (Qu’est-ce que la population française attend pour agir ? Leurs enfants sont en train de commettre ces crimes). Parlant aux intellectuels français, en particulier, il dira : « What are those ‘possessors of knowledge’ waiting for to denounce loud and strong those crimes against mankind’s conscience and their universal principles? […] What has become of the values of the Enlightenment ?” (Qu’est-ce que ces ‘temples de la connaissance’ attendent pour dénoncer haut et fort ces crimes contre la conscience humaine et leurs principes universels ? [..] Que sont devenues les valeurs des ‘Lumières’ ?). Face à la passivité de certains Français, l’auteur dira que certains autres ont joué un rôle positif en faveur de la Révolution algérienne. Il cite notamment le cas de Francis Jeanson, le fameux porteur de valises. Il parlera aussi de la lutte des mouvements de libération en Afrique et dans le monde et du rôle que l’Algérie a joué dans le processus de décolonisation, notamment du continent africain : « Dans notre vision d’une Afrique libre, l’axe Alger-Le Cap joue un rôle fondamental. Le combat de l’Algérie pour l’indépendance et celui de l’Afrique du Sud contre l’Apartheid représentent le même combat ». L’auteur parle également de sa participation comme membre de la délégation qui s’est rendue en Egypte le 28 août 1961 pour un tête-à-tête entre le Président du GPRA, Benyoucef Benkhedda et le Raïs égyptien, Abdel Nasser.