C’est, pour l’instant, l’hypothèse privilégiée d’après les témoignages recueillis auprès des habitants de la ville et au regard de l’insécurité nourrie par le grand banditisme et le trafic en tous genres qui aggravent le climat d’insécurité dans le Nord-Mali notamment.

Des routiers algériens ont été attaqués par quatre individus armés à Gao dans le Nord-Mali. Les assaillants circulaient à moto. Leur raid a fait trois blessés, selon un communiqué publié samedi 9 juillet par le ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger.
«L’attaque a eu lieu aux abords de la ville de Gao, au Mali, à deux heures du matin dans la nuit du 8 juillet, dans un campement utilisé par les camionneurs pour se reposer. Les assaillants avaient réclamé de l’argent. N’ayant pas obtenu gain de cause, ils ont recouru à l’utilisation de leurs armes à feu, des kalachnikovs selon les camionneurs», précise la même source.
Le convoi ciblé est composé de sept camions avec sept chauffeurs engagés par «une société algérienne dans des activités de transport de marchandises entre les deux pays», ajoute la même source. «Trois ressortissants algériens camionneurs ont été blessés, dont un grièvement. Ils ont été évacués sur l’hôpital de Gao, où ils ont été pris en charge. Un est déjà sorti de l’hôpital, alors que les deux autres sont maintenus sous contrôle médical».
Le ministère des Affaires étrangères fait remarquer dans son communiqué que «selon les informations disponibles aucun pronostic vital n’est engagé. Cet acte criminel n’a pas été revendiqué et est attribué par des habitants de cette ville aux bandes criminelles qui activent dans cette région du Mali». «L’ambassade d’Algérie à Bamako suit de près la situation de ces ressortissants», indique-t-il encore. En attendant d’autres indications et précisions sur l’attaque dont ont été victimes les camionneurs algériens, plusieurs éléments d’information sont à retenir en guise d’explication de ce qui leur est arrivé.
Le premier est que le banditisme à Gao et sa proche région est une réalité de tous les jours. Elle est caractérisée par le vol de voitures et les braquages à main armée, en dépit de la présence de la police malienne et du soutien des forces onusiennes de la Minusma. Cette criminalité est surtout signalée à la tombée du jour ou durant la nuit pour n’épargner ni les habitants de Gao, ni les ONG, ni la Minusma, ni les convois de passage dans la région.
Le deuxième élément est que la hausse de la criminalité est due à la prolifération des armes en circulation à Gao. Ces armes proviennent en partie de Libye et passent aussi de main en main selon un marché local auquel les groupes armés organisés qui sévissent au Nord Mali et dans d’autres régions du pays ne sont pas étrangers.
Le troisième élément est que l’attaque des ressortissants algériens rappelle une fois encore, outre le danger qu’il représente pour la sécurité publique, le potentiel perturbateur et déstabilisateur du crime organisé sur le processus de normalisation politico-sécuritaire en cours au Mali et sur ses objectifs de développement de ses territoires frontaliers notamment.