L’hypertension artérielle, dont la journée mondiale a été commémorée hier, 17 octobre, n’est pas la cause qui favorise la survenue de l’infection Coronavirus. Mais le sujet hypertendu présente plus de risques de complications s’il est contaminé par le virus, tel est le constat de spécialistes de la santé à travers le monde.

Le Professeur Djamel Eddine Nibouche, Chef de service cardiologie à l’hôpital Nefissa-Hamoud, dans une communication présentée lors d’un stage de formation d’une heure en webinaire à l’intention des journalistes, organisée mercredi dernier par Sanofi Algérie, l’un des leaders du marché pharmaceutique national, à l’occasion de la Journée mondiale de l’hypertension artérielle le 17 octobre, a souligné qu’une étude Step-OMS (organisation mondiale de la santé) de 2017 indique que 23,6% de la population algérienne adulte soufre de cette maladie. L’hypertension artérielle se définit, a-t-il ajouté, comme une augmentation de la tension dans les vaisseaux sanguins de manière constante ou épisodique, ce qui a pour effet d’augmenter le travail de la pompe cardiaque et de favoriser progressivement le durcissement des vaisseaux. Elle se caractérise par une tension systolique égale ou supérieure à 14 et une tension dystolique égale ou supérieure à 9. Autrement dit, les sujets qui ont une tension artérielle de 14 et 9 et plus sont atteints d’hypertension artérielle. Le Professeur Nibouche souligne que le risque de devenir hypertendu augmente avec l’âge. Il a indiqué que cette part de la population touchée en Algérie n’a pas évolué sensiblement à la hausse ou la baisse depuis 1987. II s’agit à peu près de la même prévalence ou fréquence de la maladie dans les autres parties du monde, 26,3 % en Egypte, 24,2% aux Etats- Unis, 31,3% en Espagne, 33,6% au Maroc. Le Professeur Nibouche rapporte que les chercheurs estiment qu’en ‘en 2025, 29,2% de la population mondiale adulte sera hypertendue, soit 1,56 milliard d’individus, soit une augmentation de 60% en 25 ans. Les facteurs de risques qui favorisent l’hypertension sont le tabagisme, la consommation excessive de sel, la sédentarité, l’obésité ou le surpoids, l’alimentation malsaine et la consommation excessive d’alcool. L’hypertension artérielle est dite essentielle, c’est-à-dire sans cause dans plus de 95% des cas. Le Professeur Nibouche relève en ce sens qu’elle a un caractère génétique ou héréditaire. Le spécialiste avertit que lorsque les facteurs de risques s’assemblent comme le stress et le diabète, c’est l’hécatombe.

9,4 millions de décès dans le monde liés à l’hypertension
L’hypertension artérielle grave entraîne les complications les plus graves. Elle peut atteindre des organes importants du corps humain, le cerveau avec l’AVC, le cœur avec l’infarctus du myocarde, le rein avec l’insuffisance rénale. Ces complications s’avèrent coûteuses pour l’Etat algérien et entraînent une mortalité élevée. A cet égard, le Professeur Nibouche indique que la mortalité liée à l’hypertension artérielle s’avère très élevée dans le monde. Les maladies cardiovasculaires causent 17 millions de décès par an dans le monde dont 9,4 millions relèvent de complications liées à l’hypertension artérielle, soit l’une des premières causes de mortalité dans le monde. L’hypertension artérielle, conclut-il, s’avère donc une maladie très redoutable. Elle est silencieuse. Non dépistée à temps, elle est la cause de la mort subite. Elle est diagnostiquée parfois lors de consultations courantes. C’est pourquoi le traitement de la maladie doit s’opérer à un stade précoce. Se pose également le problème du traitement de cette maladie. Selon l’étude Step-Oms de 2017, 71,9% des sujets hypertendus en Algérie sont non traités et 11,8% sont traités et équilibrés, c’est-à-dire arrivent à avoir une tension normale grâce au traitement.
Quant à la Covid 19, le Professeur Nibouche souligne, à la suite de spécialistes mondiaux de la santé, que l’hypertension artérielle ne favorise pas la survenue de l’infection de coronavirus mais que le sujet hypertendu contaminé par le virus présente plus de risques de complications graves liées à la Covid-19. Il a souligné l’importance de la continuité des soins en période Covid. Le Professeur rapporte que certains patients ne se sont pas rendus à leur rendez-vous de consultation par peur de contracter la maladie au début du confinement. Il invite les patients à ne pas arrêter ces consultations périodiques afin d’assurer cette continuité des soins importante pour arriver à équilibrer cette tension chez les malades. Toutes les précautions sont prises pour éviter les contaminations Covid dans les structures de santé, a-t-il rassuré.
Enfin, le Professeur Nibouche a abordé le point le plus important dans la lutte contre l’augmentation des cas affectés par cette maladie et, par conséquent, contre ce type de mortalité, à savoir la prévention de l’hypertension artérielle. Elle s’articule, a-t-il précisé, notamment par l’application de mesures d’hygiène de vie telles que la pratique de l’activité sportive ou des exerces physiques de 30 minutes trois fois par semaines, réduire la ration de sel par jour dans l’alimentation. Les complications peuvent être évitées par un dépistage précoce et une prise en charge sérieuse du malade. Le Professeur suggère d’effectuer son autocontrôle. Il rappelle que cela s’effectue par la mesure de la tension par le bais de l’appareil, trois fois le matin et trois fois avant de se coucher avec une minute d’intervalle entre chaque mesure. Il convient de collecter au total 18 mesures et d’établir une moyenne de sa tension. Si cette tension moyenne s’établit entre 14 et plus et supérieure ou égale à 9, il convient de consulter le médecin généraliste ou le cardiologue, a-t-il suggéré.