La nouvelle loi sur les hydrocarbures est visiblement en train de tracer la voie à Sonatrach vers un partenariat porteur pour le secteur énergétique national. Cette dernière passe par des accords de partenariat avec des sociétés étrangères, dont la notoriété est reconnue sur l’échiquier international, notamment dans le domaine de l’exploration et de la production où la compagnie nationale est appelée à renouveler ses réserves et à améliorer ses statistiques de production.

Par Feriel Nourine
Un défi qui exige des investissements, un savoir-faire et une technologie que les partenaires étrangers de la compagnie nationale peuvent proposer pour tirer profit, eux aussi, de la nouvelle réglementation. C’est d’ailleurs dans cette logique de partenariat gagnant-gagnant que le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, a inscrit le contrat, conclu samedi par le groupe énergétique national avec le chinois Sinopec, pour la récupération et le partage des réserves de pétrole brut dans le périmètre de Zarzaitine (Illizi).
D’un montant de 490 millions de dollars, ce contrat a une durée de 25 ans et entre, en effet, dans le cadre de la loi 19-13 régissant les activités hydrocarbures et prévoit la réalisation d’un projet de récupération des réserves de pétrole brut de près de 95 millions de barils. Un accord que Sonatrach n’aurait pas pu réaliser sous l’ancienne loi qui, de l’avis des acteurs du secteur, réduisait l’intervention des entreprises étrangères dans le sous-sol algérien, pénalisant la société en la privant du potentiel de développement auquel elle a réellement droit. Un potentiel que les autorités du secteur ont décidé d’exploiter en mettant le cap sur un partenariat avec des entreprises mondiales, a fait remarquer M. Arkab, soulignant que ce type de relations constituait le principal axe de la politique énergétique.
Dans le cas du renouvellement des réserves, sur lequel a porté l’accord conclu avec Sinopec, il s’agit de projets qui «exigent d’intensifier davantage les efforts de recherche et d’exploration, à travers le recours au partenariat international y compris chinois, de nature à nous faire bénéficier de la technologie et des techniques modernes utilisées dans ce domaine de par le partage des risques et des coûts», a-t-il affirmé. Expliquant que «l’établissement de relations de partenariat avec des compagnies mondiales constitue le principal axe de notre politique énergétique en termes d’appui du financement nécessaire, de choix et de transfert de technologie et de partage des risques», a-t-il soutenu.
Dans cette optique, le secteur «a veillé à finaliser tous les textes d’application de la nouvelle loi sur les hydrocarbures qui prévoit plusieurs mesures visant à encourager l’investissement dans les activités d’exploration et de production en Algérie, en garantissant un cadre contractuel plus flexible et attractif, conformément à des systèmes fiscaux très incitatifs, favorables à une distribution plus équitable des bénéfices avec les partenaires étrangers et garantissant la récupération des fonds investis et des coûts», a ajouté le ministre, évoquant la coordination de son secteur avec le groupe Sonatrach et l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft) à mener des campagnes de promotion des opportunités d’exploration et de développement sur les périmètres contractuels en vue d’accélérer le lancement des activités d’exploitation et de production au niveau des gisements découverts».
Concernant le contrat signé entre le groupe Sonatrach et son partenaire chinois, M. Arkab a précisé que Sonatrach l’a inclus dans son programme d’investissement pour le développement de l’activité en vue d’élargir les réserves d’hydrocarbures du pays, augmenter la production primaire de pétrole et de gaz par l’investissement et le partenariat international et assurer ainsi la sécurité énergétique du pays sur le moyen et long termes. Ce contrat «renforcera notre coopération avec nos partenaires chinois et ouvrira des perspectives prometteuses pour la conclusion d’autres contrats à l’avenir», a-t-il ajouté.
Pour ce faire, les deux partenaires s’engagent à exécuter un programme de travaux de développement et d’exploitation conformément au plan de développement arrêté, dont l’objectif est la récupération et la valorisation des hydrocarbures dans le périmètre de Zarzaitine. Un programme de travaux qui comprend notamment le revamping de l’Unité Gas Lift, le forage de douze nouveaux puits de développement, le renouvellement de six anciens puits, le raccordement des nouveaux puits de développement et la maintenance des installations de surface existantes, ainsi que la récupération des gaz torchés et la réduction des émissions de carbone, a fait savoir Sonatrach.
La signature de ce contrat «couronne les négociations menées dans le cadre du mémorandum d’entente signé entre les deux sociétés en date du 20 mai 2021 et traduit la volonté des deux parties de poursuivre leur partenariat historique et de renforcer leur coopération dans le domaine de la production des hydrocarbures», a indiqué le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar. Ce dernier a fait savoir que cette opération «permettra de renforcer le partenariat liant le groupe Sonatrach avec Sinopec qui remonte à 2003, ajoutant que le partenariat «se veut un axe stratégique» pour développer le Groupe qui veille à renforcer ses partenariats avec ses partenaires étrangers».
Le premier responsable de Sonatrach s’est dit aussi «convaincu» que les responsables de la société chinoise ont «la volonté d’aller de l’avant dans la réalisation des projets communs avec les meilleures normes de qualité et la maîtrise optimale dans les délais de réalisation».
Abondant dans le même sens, le DG de Sinopec a affirmé que le contrat signé avec Sonatrach «couronne plusieurs séances de travail et les rounds de négociations entre les équipes des deux sociétés», affirmant la détermination de la société qu’il dirige «d’améliorer les conditions de coopération dans un cadre positif afin de prouver que les deux parties avancent dans le même sens en vue de réaliser un nouveau projet aux mieux des intérêts des deux sociétés». n