Par Younes Badi
Sonatrach veut accélérer davantage le rythme des travaux visant le prolongement de gisements gaziers déjà en production ou des travaux sur des gisements non mis en valeur encore. L’objectif est de rattraper les retards accumulés sur certains sites, d’en éviter de nouveaux sur d’autres et d’augmenter les capacités de productions en matière gazière. Le président-directeur général de Sonatrach, Toufik Hakkar, a effectué, il y a quelques jours, une visite d’inspection pour s’enquérir de l’état d’avancement des projets structurants de l’entreprise, a indiqué la compagnie nationale des hydrocarbures sur sa page Facebook. M. Hakkar a entamé sa visite d’inspection des travaux de réalisation et de développement des gisements d’Isarène. Ici, les travaux n’ont atteint que 65% d’avancement, alors qu’ils devaient dépasser 94%. Ce site, avec une capacité de production de 10 millions de mètres cubes par jour de gaz naturel, 1800 tonnes par jour de condensats et 1600 tonnes par jour de GPL, est d’une importance primordiale pour la compagnie. Toufik Hakkar a donné des instructions, afin de remédier au retard enregistré et de tout mettre en œuvre pour respecter les nouvelles échéances pour mettre ce projet en production au cours du premier trimestre 2023. Les retards constatés sur ce site ont été invoqués par le groupe Sonatrach pour résilier, il y a quelques mois, le contrat de partenariat qui le liait à Petroceltic, et prendre sur lui le financement de ce projet, tout en sous-traitant certains travaux avec des entreprises locales. Petroceltic disposait de participation de l’ordre de 75% à la signature du contrat en question. Elle a toutefois réduit sensiblement sa participation par deux cessions successives de ses droits et obligations formalisées par des avenants, jusqu’à ne détenir que 38,25% à la date de résiliation du contrat. Un plan de développement de ce périmètre a été approuvé en 2012 pour une mise en service en 2017 avec un niveau de production de 10 millions m3 par jour de gaz, 17 000 barils par jour de GPL et 11 500 barils par jour de condensat. Le PDG de Sonatrach a également visité le projet de développement des gisements de Tinrhert/Ohanet, dans la wilaya d’Illizi, où il a suivi un exposé détaillé de l’avancement des travaux de ce projet qui a atteint 88%, ce qui permet son entrée en service à la fin du deuxième trimestre 2022, avec une capacité de production de 5 millions de mètres cubes par jour de gaz naturel, 750 tonnes par jour de condensats et 450 tonnes par jour de GPL. Une fois mises en service, ces installations contribueront à stimuler la production gazière et à relever le niveau des exportations. Ces plates-formes s’ajoutent à d’autres projets importants à l’image de Touat-Gaz. Ce dernier a été réceptionné provisoirement en juillet 2020. Il comprend 18 puits producteurs. Il a été relié au gazoduc GR5, construit par Sonatrach, pour collecter le gaz du sud-ouest de l’Algérie et le transporter à Hassi R’Mel, situé à environ 800 km au nord. Les blocs concernés sont les 352a et 353. La production de Touat représentera environ 6 % du total des exportations de gaz de l’Algérie et sera produite pendant plus de vingt ans. Cet ouvrage produit actuellement 12,8 millions m3/jour de gaz, soit 4,5 milliards de m3/an et 1.800 barils/jour de condensat stabilisé. Sonatrach garde en fait deux fers au feu : développer davantage ses gisements gaziers en Algérie et déployer ses activités gazières à l’international qui représentent aujourd’hui une part importante de ses revenus. Elle a déjà commencé l’extension des capacités du Medgaz, un gazoduc reliant l’Algérie à l’Espagne. Elle le fait en collaboration avec l’Espagnole Natugy. Cette extension va permettre à la compagnie nationale d’assurer l’ensemble des approvisionnements en gaz naturel de l’Espagne à travers ce tube et de se passer ainsi du gazoduc Maghreb-Europe (GME) qui traverse le territoire marocain, un pays avec qui, l’Algérie a décidé de rompre ses relations diplomatiques. Sonatrach tient, par ailleurs, à la concrétisation du projet de gazoduc transsaharien (TSGP), une plateforme visant à connecter les gisements de gaz naturel nigérians à l’Europe via le réseau de gazoduc algérien. Le projet est inscrit au programme du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Jeudi dernier, le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, a évoqué cela, lors d’un discours qu’il a prononcé à l’occasion d’une rencontre au siège du ministère avec la délégation de l’Institut national des études politiques et stratégiques du Nigéria (NIPSS) qui effectue une visite en Algérie. «Nous accordons un intérêt particulier à la concrétisation rapide de cet important projet qui donnera un nouvel élan aux relations entre nos deux pays, en termes de coopération technique et de renforcement des capacités», a-t-il souligné. Arkab a réitéré «le souhait de la partie algérienne de voir le Nigéria ratifier l’accord intergouvernemental relatif au projet TSGP signé en 2009 à Abuja». Le gazoduc devrait être détenu à 90% par le groupe Sonatrach et la NNPC (Nigerian National Petroleum Corporation), et à 10% par la compagnie nationale du pétrole du Niger. Il devrait partir de Warri au Nigeria et aboutira à Hassi R’mel en Algérie en passant par le Niger.. <