Le groupe Sonatrach et le syndicat UGTA du secteur des hydrocarbures ont signé, hier, dimanche, un  «pacte» de partenariat pour la «promotion des conditions socioprofessionnelles» des employés. L’accord entre les deux parties a été signé sous le signe de la «stabilité» et du «développement». Il répond selon les signataires aux attentes des travailleurs et aux objectifs du développement du groupe pétrolier.

C’est ce qu’a indiqué le secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs du pétrole, du gaz et de la chimie (Fntpgc). Hamou Touahria a précisé que l’entente entre la direction de Sonatrach et le syndicat du secteur s’inscrit dans le cadre d’un «pacte» général destiné à améliorer le climat social au sein des différentes unités et filiales de l’industrie des hydrocarbures.
Pour ce «fédéral», le pacte signé servira de référent d’échange et de dialogue socioprofessionnel «dans le cadre de la stratégie du groupe «Sonatrach-horizon 2030»», un plan établi sur quinze ans et dévoilé pour la première fois par le PDG de Sonatrach Abdelmoumène Ould Kaddour en septembre 2017 à Rhourde El-Baguel près de Hassi-Messaoud et dont nous avons aujourd’hui un plus grand aperçu : «Changer de méthode de travail» et de management, établir une meilleure offre d’investissement pour les opérateurs internationaux et algériens et exploiter le potentiel RH de façon à laisser s’exprimer des ressources humaines. «Nous allons obliger les gens à être ingénieux, à produire et à utiliser leur intelligence au profit de l’entreprise au lieu d’user de pratiques bureaucratiques ou administratives», avait alors dit M. Ould Kaddour. Avant la signature de la convention, ces questions ont d’ailleurs été débattues samedi et dimanche lors d’une première, qui a réuni pratiquement l’ensemble du staff managérial stratégique du groupe ainsi que tous les chefs syndicalistes UGTA concernés. A leur tête, le numéro 1 de la Centrale qui a, plus que tous les autres, souligné l’enjeu de ce pacte signé à la base de Haoud El-Hamra à une vingtaine de kilomètres au nord de Hassi-Messaoud, un site industriel considéré également comme le plus emblématique de l’industrie pétrolière algérienne. Pour Abdelmadjid Sidi Saïd, la «convention» paraphée par le groupe Sonatrach et son partenaire social représente une plateforme «professionnelle stable» pour les investisseurs.
Baliser le terrain…
Il s’agit, selon lui, d’une garantie pour les opérateurs de placer en toute confiance leurs capitaux dans les gisements d’investissement qu’ils souhaitent exploiter. Dans la bouche du vieux routier du syndicalisme qu’il est, son message pourrait passer pour un discours protocolaire et de circonstance comme on entend souvent à chaque fois qu’une entreprise et son syndicat signent un document d’accord. Ce qu’a dit hier le secrétaire général de la Centrale syndicale est pourtant autrement plus important. Son intervention explique que l’accord passé entre son syndicat et le groupe Sonatrach est une voie grande ouverte à la prochaine loi sur les hydrocarbures que le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, a annoncé pour fin juillet 2019. Elle montre qu’avant de soumettre au Parlement ce texte de loi censé relancer l’investissement dans les secteurs pétrolier, gazier et de la pétrochimie, le top management de Sonatrach entend d’abord convaincre sa force de travail et ses employés du bien-fondé de son initiative à donner au secteur un nouvel encadrement juridique. On ne connaît pas encore les détails de la convention, mais il semble, au vu de ce qui a été dit publiquement hier à Haoud El-Hamra, que son contenu a été bien reçu par les syndicats concernés. Il est question d’«améliorer la prise en charge de l’employé et des ayants-droit» et «veiller à l’hygiène, l’environnement et à la sécurité (HES) dans les chantiers», a déclaré le «fédéral» Hamou Touahria. Le secrétaire général du syndicat Sonatrach, Khelaf Djaroud, a quant à lui, indiqué à «Reporters» que des «éléments positifs» apparaissent dans l’accord passé par les deux parties et qu’il s’agit d’«acter» notamment en matière de couverture médicale et de retraite les «pétroliers» et des leurs ayants-droit. Pour sa part, le numéro 1 de l’union de wilaya de Ouargla, Slimane Zâatout, a estimé pour l’APS que l’entente «influera positivement sur la stabilité des travailleurs de l’entreprise d’une manière générale». Pour rappel, la rencontre de Haoud El-Hamra intervient quelques jours seulement après celle du «Brainstorming, œuvres sociales et HSE», organisée à Ouargla le 22 octobre dernier à la division Sonatrach de Haoud Berkaoui.