L’ancien PDG de Sonatrach et désormais ministre de l’Energie dans le gouvernement Djerad regrette l’absence de textes d’application afin de rendre opérationnelle la nouvelle loi sur les hydrocarbures. Cela fait sept mois déjà que cette nouvelle loi régissant les activités des hydrocarbures a été adoptée sans que le quitus parlementaire ne soit suivi d’un quelconque travail juridique à même de doter ladite loi de ses textes d’application.

De l’adoption de la loi sur les hydrocarbures et de son application, Abdelmadjid Attar juge que le «gros problème» est constitué par le retard constaté dans la préparation des textes d’application. Intervenant, hier, sur les ondes de la chaine III de la radio algérienne, le nouveau ministre de l’Energie, succédant à Mohamed Arkab qui avait défendu à cor et à cri la nouvelle loi sur les hydrocarbures, a annoncé avoir délimité des délais afin, qu’avant le mois de septembre, les textes d’application en question soient finalisés. Abdelmadjid Attar a expliqué, à la même occasion, que sans ces textes, il n’est pas possible de développer des activités de partenariat, lesquels demandent entre deux à trois années pour devenir opérationnels. En matière de contrats, le texte, adopté en décembre dernier, à l’issue d’une semaine de présentation et de débats au sein du Parlement, régit, entre autres, le mode de conclusion de contrats, soit dans le cadre des contrats de concession pour une durée de 30 ans, attribuée exclusivement à la Sonatrach ou dans le cadre des trois formes contractuelles, à savoir le contrat-partage de production, le contrat de service à risque et le contrat de participation. En cas de non-respect des engagements, d’infraction aux règles juridiques ou d’atteinte à l’environnement, il est prévu des sanctions allant de l’amende financière au retrait de l’autorisation et même la résiliation du contrat. En somme, la nouvelle loi sur les hydrocarbures vise l’augmentation des capacités de production et la préservation du niveau des exportations. Il s’agit aussi de contribuer au renforcement de la sécurité énergétique au plan international en consacrant des volumes additionnels à l’exportation, dans le cadre du respect des contrats de livraison et des engagements de l’Algérie vis-à-vis des partenaires étrangers, outre la prospection de nouveaux marchés. A ce sujet, le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar a constaté, hier, que la production de Sonatrach a accusé une baisse en raison, dit-il, des «énormes retards en matière d’investissements, de développement et d’amélioration des techniques de production, mais également du refus d’entreprendre des travaux de récupération dans une cinquantaine de petits gisements» qui peuvent, très rapidement, «compenser la baisse de production du brut Algérien et qui, en outre, sont susceptibles d’intéresser les investisseurs étrangers». Bien évidemment, la relance de l’investissement dans le secteur pétrolier et gazier ainsi que les appels d’offres et les partenariats requiert un cadre juridique clair et détaillé. Or, cela dépend de la publication des textes d’application de la nouvelle loi sur les hydrocarbures. Il y a des gisements en attente d’exploitation, faute de contrats, alors que l’activité exploration, doit être, elle aussi, relancée dans les plus brefs délais afin de relever les niveaux de production. Abdelmadjid Attar a estimé, hier, qu’il «n’est pas normal» que des gisements de gaz découverts dans les années 50 et abandonnés par la firme Total, en 2014, soient laissés à l’abandon. On doit, déclare-t-il, «mettre le paquet» pour les exploiter aux fins d’augmenter notre production. La reprise de l’activité dans de nombreux domaines du secteur de l’énergie est tributaire de la publication des textes d’application de la nouvelle loi, examinée et adoptée, faut-il le rappeler, par le gouvernement Bedoui, dit des affaires courantes, dans un contexte marqué par une levée de boucliers contre certains des articles de ladite loi.<