Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a dénoncé dimanche les mouvements «extrêmement préoccupants» de la marine turque en Méditerranée après la signature d’un accord maritime entre l’Egypte et la Grèce. «Les dernières mobilisations navales en Méditerranée orientale sont extrêmement préoccupantes» car «elles conduiront à un antagonisme et une méfiance accrus», a-t-il averti dans un communiqué. «Les frontières maritimes doivent être définies par le dialogue et les négociations, et non par des actions unilatérales et la mobilisation de forces navales», a-t-il ajouté. «Les différends doivent être résolus dans le respect du droit international», a-t-il rappelé. «L’Union européenne s’engage à contribuer à la résolution de ces différends et désaccords dans ce domaine d’intérêt vital pour la sécurité», a-t-il assuré. «La ligne de conduite actuelle ne servira les intérêts ni de l’Union européenne, ni de la Turquie. Nous devons travailler ensemble pour la sécurité en Méditerranée», a-t-il conclu. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé vendredi la reprise des recherches turques d’hydrocarbures dans une zone disputée de la Méditerranée orientale, au lendemain de la signature d’un accord maritime entre Athènes et Le Caire décrié par Ankara. L’accord vise à délimiter les frontières maritimes entre les deux pays et semble être une réponse directe à un accord similaire conclu en novembre dernier entre la Turquie et le gouvernement officiel libyen basé à Tripoli. Le pacte turco-libyen, aux termes duquel le territoire maritime de la Turquie est considérablement élargi, a suscité la colère de la plupart des pays situés en Méditerranée orientale, Grèce en tête. La découverte ces dernières années de vastes gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé l’appétit des pays riverains comme la Grèce, Chypre, la Turquie, l’Egypte et Israël.