La faiblesse de l’investissement dans l’exploration d’hydrocarbures et le trou d’air dans la production mettent le secteur pétrolier sous pression. Il s’agit là d’un vrai casse-tête pour le gouvernement en place. La baisse est relativement importante, « 13% actuellement », et l’Exécutif le souligne dans  le document de politique générale qui sera présenté en plénière à l’APN, lundi prochain.

Le gouvernement y explique que le secteur des hydrocarbures a souffert à la fois des fortes fluctuations des prix, mais aussi de la baisse de la production locale de pétrole due à la réduction du quota national, et des opérations de remise à niveau des installations pétrolières du pays. La situation est préoccupante.
Et, le gouvernement semble en être conscient. Que va-t-il faire ? Il est question d’intensifier encore les efforts dans le fossile et ratisser plus large avec des moyens plus importants. L’Exécutif souligne ainsi dans le document que l’évaluation des perspectives nationales en matière d’hydrocarbures à l’horizon 2030 a été mise à jour par la Sonatrach. Cette approche est portée par une volonté
« résolue » de multiplier la prospection et la mise en valeur de toutes les potentialités en hydrocarbures, terrestres, maritimes, conventionnelles et non conventionnelles.
Le gouvernement estime que cette démarche permettra de doubler les volumes annuels de découvertes pour compenser l’épuisement des réserves en place. Elle permettra également de créer des dizaines de milliers d’emplois directs. Par ailleurs, les champs pétroliers et gaziers font l’objet d’un effort soutenu de remise à niveau. Sonatrach a également engagé une stratégie de valorisation accrue des hydrocarbures. C’est le cas avec le développement local et à l’international des capacités de raffinage de pétrole brut. C’est aussi le cas à travers le développement de la pétrochimie, à l’image du nouveau complexe de production de polypropylène à Arzew. Par ailleurs, la compagnie nationale s’est attelée à la renégociation des contrats d’exportations de gaz avec ses clients étrangers, un processus qui se déroule dans de bonnes conditions. Enfin, un projet de révision de la loi sur les hydrocarbures est en cours de préparation pour améliorer l’attractivité de notre pays en matière d’exploration et d’exploitation de cette richesse nationale, alors qu’une concurrence rude se déroule dans ce domaine sur la scène internationale. Mais, rien n’indique que les négociations aboutiront dans l’avenir sur quelque chose de positif pour Sonatrach. Face au russe Gazprom, la compagnie nationale risque de voir ses marges se resserrer, en Europe. Les exportations de gaz russe vers l’Europe ont atteint un nouveau record en 2018 malgré les tensions diplomatiques et la volonté de l’Union européenne de réduire sa dépendance à la Russie. Gazprom, qui détient le monopole des exportations par gazoducs, a vendu dans la région Europe et Turquie 201 milliards de mètres cubes de gaz sur l’année écoulée, soit environ 3,5% de plus qu’en 2017, a indiqué aux agences russes son directeur général Alexeï Miller. Aussi, certains experts, tout en rappelant que les hydrocarbures sont une ressource aléatoire et épuisable, espèrent que le casse-tête de la baisse des hydrocarbures favoriserait l’éclosion d’idées nouvelles afin d’accélérer la mise en œuvre des améliorations qu’exigent les exportations hors hydrocarbures et l’investissement dans les secteurs autres que celui des hydrocarbures. Pour l’Exécutif, l’acte d’investir a bénéficié de nombreux allègements et soutiens pour tous les opérateurs : qu’il s’agisse de la mise à disposition du foncier industriel ou qu’il s’agisse du maintien de taux d’intérêts inférieurs au niveau de l’inflation.
Désormais, c’est le développement des exportations hors hydrocarbures qui est une bataille mobilisant l’Etat en soutien aux opérateurs.<