Comme un malheur n’arrive jamais seul, en plus de tous les problèmes dans lesquels le pays se débat, le secteur pétrolier connaît un nouveau trou d’air.

Des signaux négatifs se sont, en effet, accumulés au cours du premier trimestre de l’année en cours, sur le fond de la production d’hydrocarbures dont la croissance a baissé de -7,7%, contre -2,4% durant la même période de l’année écoulée, selon des chiffres établis par l’Office national des statistiques (ONS) et rendus public hier via l’APS. Avec un repli de la production et des cours de brut restés enfermés dans une fourchette étroite -autour de 60 dollars, l’actuel Exécutif, et au-delà de l’illégitimité, se trouve dans une situation d’impasse totale. Le gouvernement comptait beaucoup sur une augmentation de la production d’hydrocarbures et sur un redressement des prix de pétrole. Il doit bien vite déchanter car, la crise économique va s’aggraver et les ressources du pays diminuer. Une fatalité contre laquelle le pays ne pouvait rien ? En réalité, le pays est en train de payer le prix de son incapacité à améliorer l’économie, de manière générale, et en particulier le secteur des hydrocarbures, poumon de l’économie. La faiblesse de l’investissement dans l’exploration d’hydrocarbures a mis le secteur sous pression et la situation est préoccupante. La nouvelle direction de Sonatrach en consciente, que va-t-elle faire ? Il est question d’intensifier encore les efforts dans le fossile et ratisser plus large avec des moyens plus importants. En théorie, Rachid Hachichi, le nouveau P-DG de la compagnie nationale des hydrocarbures, a adopté une approche rigoureuse et systématique, ambitionnant de renforcer les partenariats avec les entreprises étrangères, d’améliorer les capacités de production onshore et offshore de l’entreprise. Il a promis d’agir de façon concrète. Hachichi semble vouloir mettre en scène un nouveau style de management, priorisant le partenariat, point faible majeur dans la mise en œuvre des programmes existants de développement dans le secteur pétrolier au cours de ces dix dernières années. Sonatrach dispose, certes, de ressources géologiques riches, mais, dans une conjoncture où les investisseurs sont peu confiants, Hachichi sent le besoin de proposer d’autres atouts comme une législation pétrolière souple pour attirer les investisseurs dans la prospection d’hydrocarbures. Evidemment, les contreperformances dans ce secteur tirent vers le bas la croissance de l’économie. Cette dernière évolue de façon poussive, n’enregistrant qu’une progression marginale (1,5% au 1er trimestre 2019). Quant au taux de croissance du PIB, hors hydrocarbures, il a été de 3,9% au cours du 1er trimestre de cette année, en comparaison avec la même période de 2018. Il aurait pu être encore meilleur, si la croissance dans le secteur des hydrocarbures avait été au rendez-vous. La croissance du PIB hors hydrocarbures, qui reste ainsi appréciable, est tirée essentiellement par l’activité des services marchands, de l’industrie, du bâtiment, des travaux publics et de l’hydraulique (BTPH) et enfin du secteur agricole. Selon l’ONS, l’activité des services marchands a connu une croissance réelle de l’ordre de 5,6% durant le 1er trimestre 2019, contre 3,6% à la même période en 2018. D’autres secteurs ont également participé à cette performance du PIB hors hydrocarbures. Il s’agit, en premier lieu, du secteur de l’industrie qui a réalisé une croissance de 4,6%, contre 4,3%, du BTPH, y compris les services et travaux publics pétroliers, qui a réalisé une croissance de près de 3%, contre 5,1% durant la même période de comparaison. Une croissance positive a également concerné les secteurs de l’agriculture avec un taux de +2,7%, contre 4,5% et celui des services non marchands avec un taux de +1,7%, contre 2,3%. En valeurs courantes, le PIB du 1er trimestre 2019 a connu une hausse de 1,9% comparativement à la même période de 2018. La hausse du niveau général des prix au 1er trimestre 2019 a été de 0,4%, contre une hausse de 6,3% enregistrée durant la même période de l’année passée. En 2018, la croissance globale du PIB a été de 1,5%, alors que celle hors hydrocarbure a été de 3,4%.