L’Algérie vient de lancer un nouvel appel d’offres international dans le domaine des hydrocarbures. L’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft) vient de rendre public cet appel, adressé aux compagnies nationales et internationales intéressées par l’investissement dans le domaine minier algérien.

Par Hakim Ould Mohamed
Cela fait plusieurs années qu’un appel d’offres international dans les hydrocarbures n’a pas été émis par les autorités chargées de cette question. Alnaft, qui est une institution chargée de la gestion et la valorisation du domaine minier des hydrocarbures ainsi que de la promotion des investissements dans la recherche et l’exploitation des hydrocarbures, relance ainsi de plus belle ces appels à manifestation d’intérêt, le premier après la promulgation de la nouvelle loi sur les hydrocarbures. «Nous avons l’honneur de vous informer que l’Etat algérien à travers Alnaft a lancé un appel à manifestation d’intérêt national et international pour la pré-qualification des compagnies souhaitant investir ou opérer dans le domaine minier hydrocarbures», lit-on dans l’appel adressé aux compagnies nationales et internationales. Les critères et les règles de pré-qualification sont contenus dans le site web d’Alnaft. Cet appel fait suite à l’annonce, il y a quelques semaines, du ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, selon laquelle l’Algérie allait lancer, en 2022, un appel d’offres destiné aux compagnies internationales pour la recherche et l’exploitation des hydrocarbures. Le dernier appel d’offres en date remonte à huit années déjà, soit depuis l’échec de la dernière opération séduction du même genre et qui s’était soldée, faut-il le rappeler, par une moisson pour le moins maigre. L’Algérie compte désormais sur les avantages apportés par la nouvelle loi sur les hydrocarbures, adoptée en 2019 et dont les textes d’application n’ont été publiés que depuis peu, pour relancer l’investissement dans son amont pétrolier et gazier.

Briser une série de quatre échecs
La question qui se pose est celle de savoir si ce nouvel appel d’offres allait mettre fin à une série de quatre échecs, lesquels ont caractérisé les derniers appels à manifestation d’intérêt lancés depuis 2008. En effet, le dernier en date, lancé en 2014, s’est soldé par un échec en raison de l’absence des textes d’application de la précédente loi sur les hydrocarbures de 2013. L’appel d’offre de 2014 s’est conclu par l’octroi de seulement 4 permis sur les 31 proposés. Sur les quatre permis attribués, il y avait un seul investisseur candidat.
En vérité, l‘appel d’offres lancé en 2014 était le dernier en date concluant une série d’échecs amorcée depuis 2008, année durant laquelle un premier appel d’offres sous le régime de la fameuse loi de 2005 était lancé. En effet, l’appel d’offres lancé en 2008 s’est soldé par l’attribution de seulement 4 permis sur 16, alors qu’à l’issue de l’appel d’offres lancé l’année suivante, en 2009, 3 permis seulement ont été attribués sur 10. En 2011, seulement 2 permis d’exploration sur 10 ont été attribués. La réforme apportée à la loi sur les hydrocarbures de 2005, dans le cadre d’une nouvelle loi publiée en 2013 n’a pas pu briser la série d’échecs entamée en 2008, puisque l’appel d’offres lancé en 2014 sous le régime de la loi de 2013 s’est soldé par l’octroi de 4 permis sur 31 seulement.
Les raisons de l’échec ont été aussitôt identifiées, dont la règle imposant à Sonatrach de prendre une part majoritaire dans l’ensemble des nouveaux projets pétroliers, la taxe sur les superprofits qui permet à l’Etat d’imposer les bénéfices des compagnies lorsque le prix du pétrole est au-dessus de 30 dollars, un manque d’explication qui a caractérisé les amendements apportés à la loi de 2005 par celle de 2013 à travers l’absence des textes d’application, l’absence de données sur les périmètres proposés, dont les travaux sismiques, un cadre fiscal globalement peu lisible pour les compagnies étrangères… etc. Avec la nouvelle loi sur les hydrocarbures adoptée en 2019, dont les textes d’application ont été publiés, l’Algérie compte relancer l’investissement dans son domaine minier. <