L’Algérie célèbre aujourd’hui le 49e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures. Même si le pays entend réussir le défi de la transition énergétique en passant aux énergies renouvelables, pour l’heure, les hydrocarbures sont la principale source d’énergie et occupent une place prédominante dans l’économie nationale représentant, bon an mal an, autour de 95% des recettes en devises du pays.

Un secteur dont les pouvoirs publics ont voulu améliorer l’attractivité par la promulgation d’une nouvelle loi. Il s’agit, en effet, d’attirer plus d’investisseurs afin d’augmenter la production nationale dans ce contexte marqué par la hausse de la demande interne et la baisse des recettes d’hydrocarbures.
Les chiffres sont assez éloquents et viennent le prouver à chaque publication des statistiques douanières. A titre d’exemple, l’exercice écoulé a connu une baisse sensible des exportations d’hydrocarbures, dont le montant est passé à 33,24 milliards de dollars en 2019, contre 38,87 milliards en 2018, enregistrant un recul de 14,48%. Cet état de fait a eu un impact direct sur les recettes du pays puisque le déficit commercial s’est, à son tour, creusé, de 34,81%, en s’établissant à 6,11 milliards de dollars en 2019, contre un déficit de 4,53 milliards de dollars en 2018.
Ceci dit, il est utile de noter que si les recettes provenant des hydrocarbures ont fortement baissé l’année dernière, cela est dû à la baisse des prix de l’or noir sur le marché mondial en raison de la conjugaison de plusieurs facteurs exogènes. A cela s’ajoute la baisse de la production de pétrole, non pas en raison des capacités de production du pays, mais du recul de la demande mondiale qui a impacté et le niveau de la production mondiale et les prix.
La demande interne, elle, est en constante hausse et nécessite une plus grande injection de produits hydrocarbures sur le marché. Les spécialistes du secteur, dans leurs prévisions à moyen et long termes, prévoient que la consommation interne, qui connait une courbe ascendante continue, pourrait engloutir la totalité de la production. D’où l’obligation d’augmenter la production pour éviter au pays de passer de statut d’exportateur d’hydrocarbures à celui d’importateur dans quelques années. Un état de fait qui a poussé les pouvoirs publics à élaborer une nouvelle loi sur les hydrocarbures pour rendre ce secteur plus attractif en matière d’investissements.

L’impérative augmentation de la production
Par la langue des chiffres, la croissance de la demande interne en gaz et en produits pétroliers a connu une hausse de plus de 7% à fin septembre 2019, selon les statistiques annoncées par le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab. Ce qui, selon lui, «entraînera à l’horizon 2025-2030 un déficit structurel entre l’offre et la demande sur le marché national et impactera négativement les engagements du pays envers les clients étrangers». La consommation électrique a également augmenté, puisque la puissance maximale appelée (PMA) avait atteint 15.656 MW à fin septembre 2019, représentant une hausse de 14% par rapport à la même période de l’année d’avant, tandis que la production électrique nationale s’est élevée à 18.000 MW à fin septembre 2019. Il faut, par ailleurs, prendre en considération que la demande augmentera encore dans un futur proche puisque le ministère de l’Energie a déjà dans son plan de charge la couverture des besoins relatifs aux réalisations prévues, consistant en le raccordement de 70.000 logements en électricité et de 250.000 autres en gaz. Ce qui a fait dire à M. Arkab que «cette situation de baisse des recettes des hydrocarbures et d’augmentation de la consommation interne en énergie implique une hausse de la production du pétrole et du gaz. C’est pour cela qu’il est impératif de développer les réserves existantes et d’explorer les nouvelles pour assurer les besoins du marché national».
D’où, la nouvelle loi sur les hydrocarbures vise à résoudre ces difficultés à travers l’encouragement et le renforcement du partenariat pour l’augmentation des efforts d’exploration et la hausse des réserves du pays afin d’assurer, à long terme, la sécurité énergétique. ll y a également «nécessité d’attirer de nouveaux investissements et les technologies de pointe en faveur de la relance de l’économie nationale, de la création de richesse et de la satisfaction des besoins internes».
Il s’agit donc, selon la nouvelle loi, «d’intensifier les efforts de recherches et d’explorations, y compris dans les zones offshore, pour mettre en évidence de nouvelles réserves d’hydrocarbures, l’optimisation de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures par l’utilisation de méthodes de récupération assistée tout en garantissant la conservation des gisements, ainsi que le renforcement des capacités de production.
Adoptée vers la fin de 2019 par les deux chambres du Parlement, la loi sur les hydrocarbures détermine le régime juridique, le cadre institutionnel, le régime fiscal applicable aux activités en amont, ainsi que les droits et obligations des personnes exerçant les activités d’hydrocarbures. Par ailleurs, trois formes de contrats ont été également introduites dans la nouvelle loi pour assurer plus d’attractivité dans le secteur et épargner les ressources financière de Sonatrach en impliquant les investisseurs étrangers.