Le ministre de l’Énergie, Abdelmadjid Attar, a déclaré à l’agence britannique Reuters que les exportations algériennes de gaz devraient baisser de 4,7% cette année. Cette baisse s’explique, selon le ministre, par le recul de la demande européenne, principale destination des ventes algériennes de gaz vers l’étranger, mais aussi par la concurrence des approvisionnements américains bon marché.

Abdelmadjid Attar a précisé à la même occasion que les exportations de l’Algérie en gaz naturel, qui contribuent à hauteur de 95% aux recettes en devises, devraient atteindre un volume d’environ 41 milliards de mètres cubes cette année, alors que les quantités exportées durant l’exercice 2019 se sont établies à 43 milliards de mètres cubes. Les recettes engrangées grâce à l’exportation d’hydrocarbures devraient ainsi baisser à environ 23 milliards de dollars cette année, contre une valeur de 33 milliards de dollars en 2019. Abdelmadjid Attar avait déjà déclaré s’attendre à des revenus de l’ordre de 23,5 milliards de dollars cette année si les cours du baril de brut se maintiennent autour de 40 dollars, alors que les mêmes recettes pour l’année 2019 étaient autour de 34 milliards de dollars. En revanche, le ministre de l’Energie a indiqué que la production totale de gaz atteindra 126 milliards de mètres cubes à la fin de l’actuel exercice, contre une production de 127 milliards de mètres cubes en 2019. Dans la foulée, Abdelmadjid Attar a justifié le recul constaté dans la production primaire du gaz naturel par le vieillissement des champs et le désinvestissement dont souffre l’amont pétrolier et gazier, tandis que la consommation domestique évoluait en tendance haussière, bondissant en moyenne de 5,3% par an depuis 2009 pour atteindre 46 milliards de mètres cubes l’année dernière. Durant cette année, l’Algérie a promulgué une nouvelle loi sur l’énergie visant à renforcer l’attractivité de son domaine minier et capter les investissements dans les secteurs pétrolier et gazier. Cependant, cette nouvelle loi reste pour le moment inopérante, puisque les textes d’application de cette loi ne sont pas encore publiés. Le premier responsable du secteur a indiqué récemment que 43 textes d’application relatifs à la nouvelle loi sur les hydrocarbures, adoptée en 2019, doivent voir le jour avant la fin de l’année en cours. «Nous espérons terminer bientôt avec une quinzaine de textes qu’on va envoyer au secrétariat général du gouvernement. Une autre quinzaine sera prête vers le mois d’octobre et le reste d’ici à la fin de l’année», a-t-il indiqué récemment. En attendant que l’investissement retrouve de la vigueur dans l’amont du secteur, les revenus du pays provenant des exportations de pétrole et de gaz ont diminué de 41%, à 14,6 milliards de dollars, au cours des neuf premiers mois de cette année, contre 25 milliards de dollars au cours de la même période en 2019. Dans ses déclarations à l’agence Reuters, le ministre a attribué cette baisse significative à une diminution de 14% du volume des exportations. Mais pas seulement. Cette baisse est imputable également, selon le ministre, à la dégringolade des prix du pétrole depuis le début de l’année en cours ; le cours du Brent a atteint la limite de 41 dollars le baril fin septembre dernier, contre 65 dollars à la même période de 2019, soit une différence de 24 dollars le baril. Abdelmadjid Attar a indiqué que malgré cette petite stabilité qui caractérise les prix du pétrole ces derniers mois, du fait des efforts des pays producteurs siégeant dans l’OPEP+, les producteurs ne cachent pas leur crainte d’une seconde vague forte de l’épidémie de Coronavirus qui pourrait conduire à un ralentissement de la croissance et une rechute des cours du brut. La consommation d’énergie en Algérie a diminué de 6% au cours des neuf premiers mois de cette année, en raison des répercussions de la pandémie du Covid-19 sur les activités économiques. La production de carburant a également diminué d’environ 10% entre janvier et septembre par rapport à la même période en 2019 pour atteindre 103 millions de tonnes d’équivalent pétrole. La production d’électricité a également diminué de 4%, à 50.420 gigawattheures à la fin d’août dernier, par rapport à la production de la même période l’an dernier. <