L’expérience algérienne en matière de développement des hydrocarbures intéresse la République du Congo. Son ministre des hydrocarbures, Bruno Jean-Richard Itoua, qui est également président en exercice de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), l’a affirmé lors de la visite de trois jours qu’il effectue en Algérie. Une visite au cours de laquelle il a été reçu, hier, par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

PAR INES DALI
Avant son déplacement à la présidence de la République, le ministre congolais a été reçu par le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, qui a évoqué, à cette occasion, les perspectives de coopération entre l’Algérie et le Congo et les nombreuses opportunités qu’elles offrent. Il a cité, dans ce sens, «la perspective de la présence d’entreprises algériennes au Congo pour participer au développement du secteur des hydrocarbures et de l’industrie pétrolière dans ce pays». Il a indiqué, en outre, que cette visite «sera couronnée par la signature de plusieurs conventions et protocoles d’accord».
La rencontre entre les deux responsables, qui s’est tenue au siège du ministère, a été élargie par la suite aux délégations des deux pays. De nombreux domaines ont été passés en revue, et il est prévu que la visite de M. Itoua soit couronnée par la signature de plusieurs accords entrant dans le cadre du développement des relations dans le secteur des hydrocarbures, «pour qu’elles atteignent le même niveau de relations entre les deux pays dans les autres domaines», selon M. Arkab, qui a qualifié d’importante la séance de travail tenue avec son homologue congolais et la délégation qui l’accompagne.
Parmi les différents axes abordés lors des discussions entre les deux parties figurent l’industrie pétrolière et gazière et l’industrie de transformation des hydrocarbures. Le Congo aspire à se développer dans ces domaines étant déjà producteur de pétrole. Avec une production de 339 000 barils par jour en 2019, le Congo est le troisième producteur de pétrole en Afrique subsaharienne, derrière le Nigeria et l’Angola. Il a rejoint l’Opep en 2018.
Pour sa part, outre la production gazière, l’Algérie produit actuellement, selon le quota déterminé dans le cadre de l’Opep, plus de 900 000 barils par jour, et le groupe Sonatrach est classé en tête des 500 meilleures entreprises africaines, selon le classement annuel effectué en avril dernier. Une preuve que l’expérience de l’Algérie dans le secteur des hydrocarbures est à la hauteur de ses ambitions de faire profiter les pays du continent qui le souhaitent. Cette visite «voulue» entre les deux pays au plus haut niveau vise ainsi à «emmener la coopération sur le plan énergétique, pétrole et gaz, au même niveau que l’amitié entre les deux pays», a affirmé, pour sa part, le ministre congolais des Hydrocarbures. «Nous venons ici auprès d’un pays (Algérie) qui a atteint la maturité dans l’industrie énergétique et nous devons être fiers de cela en tant qu’Africains», a déclaré M. Itoua, en relevant que le Congo est en pleine «réorganisation et réforme» de son secteur hydrocarbures et énergie. Il a également mis en avant le rôle que joue l’Algérie comme «charnière entre l’Afrique et l’Europe», ainsi que son rôle sur le plan continental, réaffirmant sa fierté de «ce que l’Algérie fait, de ce que Sonatrach fait».
Le volet de la formation est tout aussi important, a relevé le ministre congolais, avant d’évoquer la coopération bilatérale dans ce domaine, en rappelant que l’Algérie a formé de nombreux Congolais dont le président actuel de ce pays. «Nous avons bénéficié et nous bénéficions toujours de bourses d’études en Algérie», a-t-il fait savoir. Il a ajouté que «la consolidation des relations anciennes et historiques» entre les deux nations a été au cœur des échanges avec son homologue Arkab, rappelant que l’Algérie et le Congo ont toujours eu des points «très convergents» sur le plan politique, diplomatique et international, faisant remarquer que les relations dans le domaine des énergies, en général, et des hydrocarbures, en particulier, «n’étaient pas à leur niveau et n’étaient pas visibles», comparativement à celles dans les autres domaines. L’hôte de l’Algérie, dont la visite prend fin aujourd’hui, a souligné que les deux pays «ont tout à gagner», que ce soit les deux ministères, les deux compagnies nationales ou encore les autres institutions et les agences.