La bonne santé du marché mondial des hydrocarbures a permis à l’Algérie d’améliorer sensiblement ses recettes pétrolières et gazières durant les neuf premiers mois de l’année 2022.

Par Feriel Nourine
Lesquelles recettes ont atteint 46,2 milliards de dollars à fin septembre, contre 24,1 mds de dollars, soit une hausse considérable de 77% par rapport à la même période de 2021, a indiqué hier le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, devant la commission des finances et du budget de l’APN, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finance (PLF) de l’exercice 2023.
Concernant les quantités d’hydrocarbures exportés, M. Arkab a fait savoir qu’elles se sont chiffrées à 69,1 millions de tonnes équivalents pétrole (TEP).
Cette performance a été réalisée «grâce aux prix du pétrole et du gaz qui ont doublé ou plus», a souligné M. Arkab devant les députés.
En atteignant ces chiffres d’exportations, Sonatrach est en train de se rapprocher des résultats réalisés en 2014, soit 60 mds de dollars, avant l’entame de la chute du marché de l’or noir, qui a fait descendre les recettes algériennes d’hydrocarbures nettement en dessous durant les années qui ont suivi.
La situation s’est dégradée davantage en 2020, avec l’arrivée de la pandémie de covid-19, laquelle a fait traverser au marché de l’or noir l’une de ses plus sombres périodes, et réduit considérablement les recettes des pays exportateurs de brut dont l’Algérie qui s’était contenté de tout juste 23,8 mds de dollars, soit une chute de 40%.
Mais les recettes sont reparties à la hausse en 2021, faisant encaisser à Sonatrach 38,6 mds de dollars. L’embellie se poursuit durant l’année en cours, et devrait durer jusqu’à décembre prochain en tirant profit de la décision de l’Opep+ de réduire sa production de 1 million de barils par jours, prévoit le ministre. Cette décision «vise à conserver au marché son équilibre et à stabiliser les prix à 100 dollars le baril», a-t-il expliqué à ce propos.
Pour l’ensemble de l’année 2022, l’Algérie table sur 56,6 mds de dollars, soit le meilleur résultat depuis 2014.
«Au vu des réalisations enregistrées à septembre 2022, nous prévoyons d’ici à la fin de l’année en cours, une augmentation de 2% de la production en hydrocarbures et une augmentation des recettes pétro-gazières du pays, appelées à dépasser les 50 milliards de dollars (soit une hausse de 45% par rapport à 2021)», a précisé M. Arkab.
En attendant, les performances du secteur s’apprécient également en matière de fiscalité pétrolière qui a bondi de 108%, après être passée de 1 857 milliards de dinars en 2021 à 3 356 mds DA en 2022, selon le ministre. Des rentrées qui «ont permis la couverture à hauteur de 120% de la valeur fiscale introduite par la loi de finances complémentaire de 2022», a-t-il expliqué, précisant que cette valeur est de 3 212 mds DA. La fiscalité pétrolière «pourrait dépasser les niveaux enregistrés durant les années d’avant 2014, qui s’élevaient à 4.000 milliards de DA/an», a-t-il ajouté.
En ce qui concerne l’investissement dans le secteur de l’énergie et des mines, le ministre a fait état de la mobilisation d’un montant de 3,6 milliards USD durant le premier trimestre de l’année 2022, soit une hausse de 8% comparativement à la même période de 2021.
S’agissant du recrutement dans le secteur, le nombre des agents embauchés a augmenté de plus de 7.500 jusqu’en fin septembre 2022, pour dépasser 307.000 travailleurs.
Evoquant l’importation des produits pétroliers, M. Arkab a fait part d’un recul de 18% durant la période référence. «Cette baisse est due à l’arrêt des importations d’essence et de gasoil. La consommation locale a été assurée par la production national, suite à la réhabilitation et l’amélioration des raffineries», a-t-il dit, ajoutant que cette consommation a atteint près de 13 millions de tonnes, portée par la demande en gasoil, en GPL et en kérosène.
Concernant la production en électricité de l’Algérie, M. Arkab a fait savoir qu’elle s’est chiffrée à 25 500 mégawatts durant le premier semestre de l’année en cours, contre 23 700 mégawatts durant la même période de 2021, soir une augmentation de 7,70%.
Pour le secteur minier, les exportations algériennes ont connu une hausse de 100%, s’établissant à 955 000 tonnes pour des recettes de 15 mds DA, a encore fait savoir le premier responsable du secteur.
Les premières données font état «d’une hausse de la production de phosphate (9%), de fer (14%), de marbre (10%) et de carbonates de calcium (3%), a-t-il détaillé, rappelant que le ministre que le programme de recherche et d’exploration minière avait été mis en œuvre à travers les 26 projets réalisés sur l’ensemble du territoire national, avec une enveloppe financière de 1,82 milliard de dinars.
Quant à l’orpaillage artisanal, il a aussi rappelé que le nombre de licences délivrées au profit des micro-entreprises avait atteint 175, dont 89 à Tamanrasset et 86 dans la région de Djanet, faisant savoir, par ailleurs, que le secteur était sur le point de parachever le programme de recherche minière et l’inventaire des ressources minérales.
Evoquant les projets structurants, M. Arkab a indiqué que l’ouverture du gisement de fer de Ghara Djebilet visait l’extraction de 200 000 tonnes de minerais d’ici la fin du premier semestre de 2023, tout en poursuivant les travaux de développement du zinc à «Oued Amizour» en récupérant 16% des parts du partenaire australien «Terramin», de manière à pouvoir contrôler l’entreprise et mener à bien les études.
Concernant le projet intégré de phosphate, le ministre a fait état de «l’élaboration en cours de toutes les études et du cahier des charges en vue de sélectionner l’investisseur et de rechercher le financement en collaboration avec les banques chinoises».