Dans son rendez-vous devenu rituel avec la presse, le ministre conseiller à la Communication et porte-parole de la présidence de la République a indiqué que les dons numéraires versés dans les comptes de solidarité dédiés à la lutte contre le nouveau coronavirus s’élèvent à 3 milliards de dinars et 1,9 million de dollars.

Avec un petit calcul, on constate que ce chiffre est en hausse par rapport au précédent divulgué en monnaie nationale. En date du 21 avril, Belaïd Mohand Oussaïd avait donné, en effet, deux chiffres, l’un en dinar, le second en devises : «230 milliards de centimes et près de 1 million de dollars». Derrière ces chiffres, de belles histoires sur l’élan de solidarité depuis le début de la crise sanitaire. Des collectifs qui font du bénévolat dans les hôpitaux jusqu’à perdre souffle pour prêter main forte aux services médicaux, des individus et des groupes qui se lancés dans la confection de bavettes et de masques artisanaux en tissu quand ce ne sont pas des jeunes qui proposent leur aide à l’effort sanitaire et caritatif avec des applications innovantes.
Le 9 mai dernier, on apprenait ainsi que la start-up de Crowdfunding Kheyma a mis à disposition sa plateforme pour les associations lançant des opérations caritatives contre la Covid-19 et ses effets. L’association Sila qui fédère les Algériens de la diaspora en a ainsi tiré profit en lançant une cagnotte en ligne pour participer à l’effort national de solidarité face à la crise de la Covid-19. Les dons collectés seront répartis entre appui aux programmes d’achat d’équipement et soutien aux familles nécessiteuses. Aux antipodes du monde des start-ups, des éleveurs de Djelfa ont annoncé, le 7 mai, faire don de 200 têtes d’ovins aux habitants de Blida. L’opération s’est effectuée sous la férule de la Chambre agricole locale. Le 12 mai, les pétroliers de Sonatrach ont déclaré avoir collecté 53 milliards de centimes. Cet argent a été récolté grâce aux personnels des différentes filiales du groupe, soit près d’une trentaine d’entités si l’on compte celles des services.
Le 8 mai, à Tissemsilt, a-t-on appris, un exploitant agricole a décidé d’approvisionner trois restaurants du chef-lieu de wilaya en produits alimentaires pour des repas destinés aux nécessiteux et aux familles vivant dans la précarité. Dans la même région, un producteur d’aliments pour volaille n’a pas hésité à acheter auprès des commerçants des colis alimentaires qu’il distribue aux démunis. L’association de wilaya «Beyt Essabil» a, pour sa part, distribué plus de 500 repas chauds depuis le début du mois de jeûne aux nécessiteux ainsi qu’aux agents de nettoyage de nuit de la commune. A Ouargla, des anonymes sont chaque soir au bord des grandes routes pour distribuer des repas aux usagers, palliant ainsi l’impossibilité d’ouvrir des restaurants «rahma» en raison du risque sanitaire. D’autres, qui sont organisés sous la férule du Croissant-Rouge et de la Direction de l’action sociale locale (DASS), font le même geste au niveau des principaux axes routiers, tels que l’intersection Ouargla, Hassi-Messaoud et Touggourt et au niveau de la RN 49.
Ceci sans compter les dons collectés par le Croissant-Rouge, champion de l’action de solidarité depuis le début du Ramadhan et superviseur de dizaines de caravanes humanitaires, dont une majorité sont destinées aux habitants des territoires marginalisés et gagnés par la précarité, ceux qui sont désormais appelés «zones d’ombre». Le 11 mai, une caravane de solidarité a fait mouvement pour sillonner 11 wilayas et distribuer quelque 330 tonnes de dons recueillis par les services du ministère du Commerce. Et là encore, ce n’est qu’un échantillon de cet élan solidaire.<