Le rapport 2017 de l’ONG internationale Human Rights Watch a été publié jeudi. Liberté d’expression, liberté de réunion, droit des femmes, libertés d’association et de rassemblement , le document relève de nombreux manquements des autorités algériennes au cours de l’année 2016. « Les autorités algériennes ont recouru de plus en plus en 2016 aux poursuites pénales à l’encontre de blogueurs, de journalistes et de personnalités du monde des médias pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression », assène le rapport 2017 de Human Rights Watch. Le document relève le recours à des procédures pénales à l’encontre de personnes coupables d’« outrager le président », d’« insulter des responsables de l’État » ou de «dénigrer l’Islam». HRW dénonce également les poursuites en justice à l’encontre de militants syndicaux « qui avaient organisé ou appelé à des manifestations pacifiques », sous des chefs d’accusation tels que « participation à un attroupement non autorisé ». L’article 49 introduit dans la nouvelle Constitution en 2016 proclame que « le droit de réunion pacifique est garanti dans le cadre de la loi, qui établit comment il doit être exercé », mais dans la pratique, affirme HRW, en s’appuyant sur une série de lois, «les autorités algériennes violent régulièrement le droit à la liberté de réunion ». En effet, le code pénal punit d’une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison (article 98) l’organisation ou la participation à une manifestation non autorisée dans un lieu public. Le rapport décrit l’interdiction des manifestations à Alger comme étant « appliquée strictement par les autorités, qui mobilisent d’importants effectifs de police pour entraver les manifestations et interpeller les participants ». Le document illustre cette interdiction notamment par l’arrestation en mars d’enseignants contractuels lorsque ceux-ci réclamaient d’être titularisés. Autre entrave au rassemblement citée comme exemple, le symposium organisé par le SNAPAP en février de l’année dernière à la Maison des syndicats, ce qui a amené les services de police à encercler le lieu afin d’y empêcher l’accès « et a arrêté six dirigeants syndicaux qu’elle a gardés à vue pendant plusieurs heures, avant de les remettre en liberté sans retenir de chefs d’accusation », est-il précisé. HRW dénonce le refus des autorités d’octroyer un statut légal à plusieurs syndicats indépendants qui en ont fait la demande, ce qui les empêche d’exercer et d’avoir une trésorerie. Enfin, dans le domaine des médias, le rapport dénonce la condamnation, confirmée par la cour d’appel d’Alger en août, de Mohamed Tamalt « pour une vidéo qu’il avait affichée sur Facebook contenant un poème considéré comme insultant pour le président algérien». 

Pour rappel, Mohamed Tamalt est décédé le 11 décembre dernier à hôpital Lamine Debaghine à Alger suite à une grève de la faim. Autre fait ayant agité le monde médiatique algérien en 2016, la détention en juin de deux responsables exécutifs de la chaîne de télévision KBC, dont son directeur général Mehdi Benaissa, suite à la diffusion de l’émission de débat politique satirique « Ki Hna Ki Ness ».