Le Rassemblement-Actions-Jeunesse (RAJ), très présent sur le terrain depuis le début du mouvement populaire et fortement impliqué dans les initiatives de la société civile, s’estime victime d’un manque de solidarité de la part des autres associations et organisations syndicales, suite à la mise en prison, depuis vendredi, de huit de ses militants.
C’est ce que relève le président de l’Association, Abdelouahab Fersaoui, qui évoque une «non-solidarité avec l’association RAJ frappée par les arrestations.
Tout en condamnant «les atteintes et la pourchasse des activistes», son président pointe du doigt «les associations» qui «se murent dans le silence, sans exprimer leur solidarité avec le RAJ». Le même acteur associatif, s’il se félicite de l’engagement affiché par le collectif des avocats, né depuis les premières arrestations, ne cache pas sa «déception» de voir d’autres associations faire preuve d’un manque de solidarité à l’égard de RAJ qui vit «des moments difficiles».
Pour lui, «l’absence» de solidarité peut être une «véritable poudrière» sur le travail de concertation qui a été enclenché ces derniers mois au sein de la société civile dans un contexte de mobilisation populaire. M. Fersaoui, qui explique que «les poursuites, dont fait l’objet RAJ, devraient inciter les autres associations à la solidarité. Or, ce n’est pas le cas», regrette-t-il, estimant que cette évolution «ne met pas à l’abri les autres associations ou activistes».
Comment l’association RAJ gère-t-elle cette situation ? Son président promet de rester sur la même ligne. «RAJ ne changera pas de position. Elle continuera à activer avec d’autres dynamiques de la société civile vu notre statut de militants convaincus et engagés dans le mouvement populaire», ajoute M. Fersaoui, qui défend «la permanence du parcours de RAJ dans le monde associatif».
«On a toujours soutenu les syndicats et associations qui ont été réprimés ou victimes de dépassements», souligne-t-il. Pour l’instant, il n’y a que la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme, les forces de l’alternative démocratique et le Café littéraire de Béjaïa et autres collectifs qui ont exprimé leur soutien à RAJ et dénoncé la campagne d’interpellations dont ses militants font l’objet, note son président, qui dit s’abstenir d’interpeller les ONG internationales.
«L’interpellation des ONG internationales pourrait être interprétée comme un appel à l’internationalisation de l’affaire des détenus d’opinion ou de vouloir toucher à la stabilité du pays en impliquant les ONG étrangères», a-t-il dit. «A RAJ, on est convaincus que les citoyens placés sous mandat de dépôt sont des détenus d’opinion, leur place n’est pas en prison, elle est dans la rue, on exige, à cet effet, leur libération au nom du droit», ne cesse de répéter M. Fersaoui.
Selon, Saïd Salhi, vice-président de la LADDH, «le climat de peur et de terreur généré par les arrestations ne sont pas de nature à permettre d’aller vers l’élection présidentielle. Nous sommes contre les arrestations arbitraires et ce coup de force qui s’opère de manière ostentatoire contre la volonté du peuple qui veut le changement», a-t-il indiqué.