Les parlementaires s’inquiètent de la perspective d’une dissolution de l’institution. L’élection d’un nouveau Président de la République, ayant un nouvel agenda mais également de nouvelles priorités sur le plan politique, dont l’amendement de la Constitution et une nouvelle loi électorale, les met en état d’alerte maximale. Ils redoutent, en effet, que le Président de la République ne procède dans les prochains mois à une dissolution de l’Assemblée populaire nationale (APN) pour donner une meilleure crédibilité à ses projets. Un signe des plus patents et guère rassurant, selon eux, leur absence lors de la prestation de serment du Président Tebboune. «Les députés et les sénateurs ont de tout temps été conviés à toutes les rencontres et manifestations en rapport avec le Président de la République», nous explique un député FLN du centre. Précisant que durant toutes les prestations de serment des présidents de la République, «nous avons tous été conviés automatiquement». Notre source ne manque pas de soutenir que «notre absence signifie que nous ne sommes pas en odeur de sainteté auprès du président nouvellement élu». L’autre élément qui leur fait penser qu’il y a l’éventualité d’une dissolution de leur institution est le fait que le président a indiqué qu’il soumettra la nouvelle Constitution au référendum populaire. «S’il est question d’un référendum sur la Constitution, cela veut dire que l’Assemblée populaire nationale n’est pas fondamentale pour le président», note de son côté un député RND. Un député du FJD explique, quant à lui, que «beaucoup de députés craignent la dissolution de l’APN et ils ont raison» au motif que «cette institution a mauvaise presse». Selon lui, «le Président de la République a à cœur de voir les animateurs du Hirak accepter sa proposition de dialogue et a tout intérêt à dissoudre l’APN comme signe d’apaisement». «Il ne faut pas oublier que cette APN a adopté la loi sur les hydrocarbures sans aucune remise en cause alors que tout le peuple la dénonçait», fait-il remarquer. Avant de soutenir que «beaucoup de députés ont déserté l’APN, et d’autres boycottent ses travaux, comme les partis de l’opposition à l’instar du MSP, RCD, FFS et PT». Un autre député du FLN soutient que le Président peut mettre fin au mandat de l’actuelle législature qui prend fin en mai 2022 pour créer «les conditions juridiques et de moralisation de la vie politique et restituer la crédibilité aux institutions élues et, par conséquent, convaincre les citoyens de sa bonne intention». Interrogés quant à eux, les sénateurs soutiennent que leur mandat est différent de celui des députés : «Nous sommes élus par nos pairs et le renouvellement du tiers des membres du Sénat est dans pas longtemps». Selon l’un d’eux, si dissolution il y a, elle devrait intéresser uniquement l’Assemblée populaire nationale. Quoi qu’il en soit, tant les députés que les sénateurs, même en exprimant des inquiétudes, estiment qu’«ils se soumettront dans tous les cas de figure à la volonté du nouveau chef de l’Etat qui est élu dans des conditions difficiles marquées par une contestation tous azimuts». n