Par Hamid Bellagha
Ça commence à sentir le renfermé.
Plusieurs wilayas après la capitale ont décidé d’instaurer des mesures de confinement partiel de leurs concitoyens, en décrétant certaines activités limitées du fait de la création de nombreux clusters.
Si le nombre de contaminations a explosé dans certaines villes comme Alger, Oran, Béjaïa ou Constantine, personne ne soupçonnait que Djelfa allait mettre des garde-fous à certains de ses affairements.
En effet, wilaya pastorale par essence, donc avec un maigre chiffre de personnes au kilomètre carré, Djelfa a gelé en partie ses activités et ses entrains à cause du nombre élevé de contaminés à la Covid-19. L’alerte est donc plus que sérieuse, avec en toile de fond une saturation des hôpitaux et une occupation maximale des lits affectés. C’est la situation actuelle à Constantine depuis une semaine, après Alger, Blida, Batna et tant d’autres villes « abonnées » aux chiffres extrêmes des contaminations.
Avec un nombre d’infections qui double périodiquement, l’Algérie est dans le rouge depuis quelques jours, en témoigne la décision allemande de classer le pays dans les… « rouges » dès hier. L’entrée du territoire allemand n’est pas interdite à nos concitoyens, mais ils devront montrer patte blanche avant d’espérer visiter la porte de Brandenburg.
C’est dire qu’après le renfermé, la prochaine senteur risque d’être le roussi, Omicron promettant de battre son propre record jour après jour, les spécialistes ne prévoyant le pic qu’à la première semaine du mois de février.
C’est vrai que l’alerte n’est pas maximale et que la cohorte de chercheurs d’oxygène n’est pas de mise. C’est vrai aussi qu’Omicron a prouvé que sa multiplication n’est pas synonyme de dangerosité. Il n’en demeure pas moins que le chiffre élevé des contaminations aboutira fatalement à une saturation de la réanimation et des urgences. Ce qui mettrait à mal notre système de santé déjà très éprouvé par deux ans de coups de boutoir de la Covid-19.
La distanciation sociale et les gestes barrières ne faisant toujours pas partie du lexique de l’Algérien, la vaccination conjuguée à une obligation reste la seule alternative pour contrer le virus et ses variants. La ruée sur les centres de vaccination, que l’on prévoyait après les records successifs de propagation, n’a pas eu lieu comme escompté. Le ministère de la Santé espérait une prise de conscience du danger viral comme cela s’est passé après le pic de juillet 2021, mais cette fois, les rouages de la campagne de vaccination semblent définitivement rouillés.
Naviguer entre la persuasion et l’obligation ne semble plus porteur, le ministère de la Santé peinant à convaincre le citoyen lambda que la vaccination demeure perpétuellement, et nous ne le répéterons jamais assez, une question de vie ou de mort