Les tests de dépistage au Covid-19, les PCR, pratiqués à l’établissement hospitalier public Nafissa Hamoud, ex-Parnet, ont été plafonnés à 15 par jour. Ce rationnement décidé par cet hôpital d’Alger s’explique par l’insuffisance du lot journalier de contrôle, dont disposent les équipes médicales…

Le nombre de tests de dépistage à la Covid-19, plus connu sous l’appellation PCR, pratiqué au niveau de l’établissement hospitalier public Nafissa-Hamoud a été plafonné à 15 par jour pour le grand public. Cette limite décidée par l’administration de l’hôpital répond-elle au besoin de rationner le stock disponible dans l’attente d’un éventuel arrivage en la matière ou existe-t-il une autre raison ? C’est ce que Reporters a tenté de savoir lors de son passage, hier dans la matinée, là où a été dressé au lendemain de l’apparition de la pandémie de Covid-19 sur le territoire national un chapiteau pour accueillir les personnes désirant effectuer le test PCR. Ce dernier consistant, pour rappel, en un examen qui se base sur un prélèvement dans le nez et seul capable de dépister avec efficacité la Covid-19.
En début de matinée, ils étaient près d’une vingtaine à occuper les sièges installés sous le chapiteau, après s’être inscrits, en attendant de se présenter devant l’infirmière chargée de procéder au test PCR. «Bien sûr, les premiers inscrits dans ma liste passeront, quant aux autres nous leur demandons de revenir le lendemain», explique à Reporters le responsable du chapiteau. Avouant dans la foulée que «devant la demande, le lot de tests, comme précisé ci-dessus dont nous disposons chaque jour reste insuffisant», non sans déplorer que «toutes les personnes qui passent au dépistage chez nous ont des revenus faibles et donc n’ont donc d’autres alternatives que de patienter faute de pouvoir effectuer le test dans un laboratoire privé moyennant la somme de 8 000 DA et bien plus». Ce qui explique que bon nombre repartent bredouilles, mais tout en gardant l’espoir qu’ils feront le test le lendemain en prenant la précaution de se pointer dès l’aube. C’est d’ailleurs ce qu’a fait Ahmed, père de quarante ans, résidant dans la commune de Rouiba. Ce dernier nous révèle : «Au niveau de l’hôpital de Rouiba, il faut attendre plusieurs jours pour être enfin dépisté compte tenu de la forte demande. Ce qui explique mon choix sur Parnet.» A propos du besoin d’effectuer un test de dépistage, il dira «compte tenu que je me déplace beaucoup dans mon travail et très souvent en regroupement permanent avec mes collègues, il devenait impératif pour moi de lever tout doute et ainsi mettre à l’abri ma famille de tout risque de contamination dont je pourrais en être l’origine par inadvertance. Depuis quelques jours, je suis devenu conscient de l’intérêt de lever tout doute».

Longue attente pour se faire dépister
Ali, étudiant à Bab Ezzouar, sera le prochain appelé. Il nous confie : «A mon arrivée, hier, et après deux heures d’attente, on me demande de revenir le lendemain et pourtant ma position dans la liste indiquait que j’étais le treizième.» Il ne cache pas que cela l’a énervé malgré la raison qui lui a été fournie. «On m’a, en effet, avancé que cela est dû au fait que des personnels soignants ramènent à notre insu un de leurs enfants qui leur semble avoir des symptômes et du coup nous abdiquons devant leur insistance», s’étonne Ali non sans lâcher avec beaucoup de colère que «même ici le passe-droit est de mise». Amina, la cinquantaine passée, réalise devant le rythme lent de passage «d’être encore là jusqu’en début d’après-midi», craint-elle. Il est vrai que l’infirmière reste partagée entre remplir des fiches de renseignement sur le patient et effectuer des prélèvements alors qu’il serait plus indiqué qu’elle soit épaulée et ainsi accélérer la cadence de passage et, par ricochet, libérer les gens sur la liste d’attente». C’est d’ailleurs ce que nous a témoigné une jeune fille souffrant d’un mal de gorge.

Exiguïté de l’unité Covid19
Autre halte observée lors de notre passage dans ledit hôpital, l’unité Covid-19. Selon son médecin-chef, les huit lits de réanimation sont occupés. «L’espace dont nous disposons est relativement exigu pour contenir plus de lits. Et nous ne pouvons malheureusement pas prendre en charge d’autres malades dans le besoin de soins intensifs», déplore-t-elle. Non sans avancer : «Il devient utile d’aménager un autre espace où l’on pourrait installer d’autres lits d’autant plus que le besoin se fait de plus en plus sentir compte tenu de la recrudescence de personnes affectées par le coronavirus.» Pour plus de renseignements, elle nous oriente vers l’administration de l’hôpital «seule habilitée à répondre aux questions» s’est-elle excusée. Du côté de la direction, on nous reçoit avec «revenez plus tard». Tout compte fait et dans l’ensemble, l’hôpital s’en sort plutôt bien dans le traitement de la pandémie dès lors où le personnel soignant en première ligne reste déterminé et ne baisse pas les bras dans la bataille qu’il mène contre un ennemi invisible. n