La direction du lycée Frantz-Fanon de Bab El Oued et l’association « Les amis de la rampe Louni-Arezki Casbah » ont commémoré, hier après-midi, le premier anniversaire de la mort du professeur et grand militant nationaliste Zahir Ihaddaden, évoquant sa vie et son fécond parcours, et ce, en présence des membres de sa famille, d’anciens confrères et militants ainsi que les élèves de cet établissement.
Le rêve du défunt était «la réécriture de l’Histoire de l’Algérie depuis l’existence du premier homme», a déclaré l’un de ses élèves. «De son vivant, il a encouragé l’écriture de l’histoire de l’Algérie, loin de l’époque coloniale. Il a même incité les chercheurs et les historiens à aborder cette question». Il ajoute qu’il «était pionnier en tant qu’historien qui a raconté et documenté l’origine de la presse en Algérie».
Lamine Bachichi, l’ex-ministre de la Culture, a évoqué, lors de son intervention, le parcours du défunt qui était historien, journaliste et écrivain. «Un parcours plein de succès, notamment en sciences de l’information et de la communication », souligne Lamine Bechichi. La fille du défunt, Wafa Ihaddaden, était présente à cette rencontre où elle a apporté son témoignage en confiant : «Mon père travaillait pour la formation des jeunes. C’était un homme de savoir et de pensée. Il voulait créer un espace de lecture.» Plusieurs historiens et anciens cadres du FLN étaient aussi présents à cette commémoration où ils ont apporté leurs témoignages sur le parcours de Zahir Ihaddaden. Salah Benkoubi rappelle que le défunt était fondateur de l’Association des étudiants pendant l’époque coloniale. De son côté, Karim Younès, ancien président de l’APN, a partagé son témoignage sur le défunt. Il déclare qu’«homme de réflexion et homme d’engagement, le professeur Zahir Ihaddaden a milité dès son jeune âge. D’abord au sein du mouvement nationaliste et pendant la guerre de libération, puis, durant la période postindépendance en apportant sa contribution à l’essor du développement qu’a connu le pays, notamment, dans le domaine des sciences de l’information, avec la même ferveur et la détermination qui étaient les siennes». Et d’enchaîner : «Pour ma part, j’ai beaucoup bénéficié des sages conseils qu’il m’a souvent prodigués dans l’aventure de l’écriture sur l’histoire de notre pays en particulier». Il rappelle que le défunt a débuté son itinéraire de militant nationaliste en tant que responsable au sein de l’Union générale des musulmans algériens (UGEMA) avant de rejoindre le Front de libération nationale dès 1956. Il a notamment participé au renforcement de la Fédération de France du FLN. Zahir Ihaddaden est né en 1929 à Sidi Aïch à Bejaïa. Il faisait partie des fondateurs de l’Ecole supérieure de journalisme en 1964. Il a enseigné, formé et encadré des générations de journalistes et chercheurs algériens. Il a pratiqué également le journalisme, qu’il a commencé avec le quotidien El Moudjahid en 1957. Il avait aussi une expérience dans la gérance des stations de radio, notamment celle du FLN. Il maîtrisait les langues arabe, française et tamazight. Zahir Ihaddaden, également écrivain, a laissé plusieurs ouvrages et livres à l’instar de l’ «Introduction aux sciences de l’information et histoire de la presse en Algérie», «De la presse indigène en Algérie, des origines à 1930», «La presse écrite algérienne de 1965 à nos jours » (1985). Le Professeur s’est éteint, le 20 janvier 2018 à l’âge de 89 ans à Alger.